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    Quelques heures nous séparent du scrutin tant attendu du 25 juillet. Journée historique. Mais cette année, au lieu de fêter la république, nous fêterons « la nouvelle république », celle à laquelle nous n’avons pas participé mais dont il faudra se réjouir. De force.

    Tout doit être manichéen, pas de place à la réflexion. Il ne faut pas trop s’écarter d’un schéma simpliste pour verser dans un autre, trop compliqué à comprendre. Si tu n’es pas avec moi, tu es forcément contre moi et tu es donc avec les autres. Le tout, pour ne pas rompre avec les pratiques du passé.

     

    A seulement quelques heures du scrutin, jamais un silence électoral n’aura été aussi assourdissant. Pas âme qui vive, peu de voix se font entendre. Des taux de participation à l’étranger frôlant le néant et un débat public qui est allé voir ailleurs.

     

    Ces derniers, jours, les menaces se font toujours autant ressentir. On menace, on hausse le ton, on promet des représailles. Personne n’a plus envie de parler. « Des parties s’opposant au projet du chef de l’Etat essayent, par des moyens dont elles ont l’habitude, de saboter cette date historique  […] Ces moyens incluraient le recours à des satellites pour brouiller les transmissions » ; « La loi s’appliquera à tous sans exception ! ».

    On s’était habitué, ces derniers mois, à ce discours menaçant qui est devenu le principal élément de la communication présidentielle. Mais, jamais l’effet de ces menaces ne s’était autant fait ressentir que ces derniers jours.

     

    La méfiance, conjuguée à un désintérêt grandissant, font que ce scrutin pourrait bien comptabiliser le taux de participation le plus faible de l’histoire du pays. Les gens ne savent plus pour quoi voter et s\’il importe réellement de le faire. Longtemps habitués à privilégier les noms aux programmes, ils auront du mal à se décider, demain, face à une constitution dont nombre d\’entre eux n’auront pas lue. Dire adieu aux 10 années noires de notre histoire, au règne de ces islamistes et de ces incompétents qui ont pourri le pays, donner les pleins pouvoirs à un homme en pleine crise de mégalomanie, boycotter pour marquer sa désapprobation… Que faire ? Difficile à dire. Jamais la division n’aura été aussi déroutante. Et cette division donne un arrière-goût (amer) de déjà-vu.

    Le dirigeant-révolution qui veut tout remettre en question et faire table rase du passé ne fait, finalement, qu’en emprunter les travers. Et les pires d\’entre eux.

     

    Au moment de grandir, chaque enfant emploie le plus grand de ses efforts à ne pas reproduire les erreurs de ses parents. Tuer le père, se défaire des erreurs de la mère, des tares familiales, d’un comportement auquel on ne veut pas ressembler, d’un chemin qu’on se jure de ne pas emprunter…avant de finir par devenir nos parents et reproduire leurs erreurs.

    Effacer l’histoire. Effacer les dates encombrantes et les faits dérangeants, réécrire et recommencer à zéro. Ceci a débuté avec les islamistes de la dernière décennie. Ceux-là qui refusaient de fêter les grandes fêtes nationales, qui se sont attaqués aux manifestants à coup de matraque et de gaz lacrymogène le 9 avril et qui ont fait du 25 juillet et du 20 mars des journées ordinaires, ont laissé un héritier. Le fils prodigue, s’il les a vomis, a emprunté le même chemin et a continué à reproduire les mêmes erreurs. 

    L’histoire commence désormais à partir d’un certain 17 décembre 2010. La proclamation de la république du 25 juillet, le soulèvement populaire du 14 janvier… ces dates n’ont plus leur place dans l’histoire du pays. Elle est en train d’être réécrite dans cette grande mascarade à laquelle nous ne participons peut-être pas mais dont nous sommes d’amers spectateurs.

     

    Tout comme les mauvais choix électoraux – dont nous supportons encore les conséquences plusieurs années après – l’histoire, elle, ne pardonne pas. Qu’adviendra-t-il de nous si nous décidions de faire table rase de l’histoire et de laisser chacun la réécrire à sa manière ? Quel peuple deviendrons-nous ?

     

    Que se passera-t-il à l\’issue du scrutin demain ? Il nous reste à peu près 24h pour le savoir…

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