L’avocate et militante des droits de l’Homme, Bochra Belhaj Hmida a publié un statut, mercredi 26 octobre 2022, pour réagir au drame de la famille de la fillette migrante à Lampedusa, épinglant les positions de certaines personnes vivant aisément qui s’érigent contre la migration clandestine, mais aussi celle de l’Etat qui œuvre à rapatrier la petite fille alors qu’il est possible de laisser sa famille la rejoindre.
Pour expliquer sa position, Bochra Belhaj Hmida a rappelé son expérience vécue en 1984, lorsque dix jeunes avaient été condamnés à la peine capitale durant « les émeutes du pain ». « A cette époque, je visitais les familles accompagnées par la presse étrangère. J’ai vu la misère, dont le cas d’une famille de neuf personnes. Les membres de cette famille habitaient dans une seule pièce. Ils dormaient à tour de rôle. En même temps, nous avons mené une campagne et nous avons rencontré les organisations et les personnalités influentes en vue d’obtenir une grâce présidentielle pour les accusés. Nous avons rencontré les représentants de l’Etat, dont Feu Habib Bourguiba, le Premier ministre et la ministre Fathia Mzali. Je me suis laissée emporter et j’ai raconté les conditions de vie de ces jeunes. Inconsciemment, je lui ai dit : Si je vivais comme eux, il aurait été possible que je devienne criminelle et je n’aurais pas attendu d’avoir 18 ans pour cela. Mon collègue, qui avait eu peur pour moi, lui avait dit que je parlais sous le coup de l’émotion et que des évènements de ce genre ne risquent pas de se reproduire. Alors, elle lui a répondu, nous n’avons aucune garantie pour éviter une nouvelle révolte de la même envergure, ou plus ».

S.H










