Une rencontre a eu lieu, vendredi 11 novembre 2022, entre le président de la République, Kaïs Saïed et le Commissaire européen à la Justice, Didier Reynders. Les services de la présidence de la République, comme à l’accoutumée, n’ont communiqué que sur la version présidentielle. Les propos de Kaïs Saïed adressés à son invité ont constitué tout le contenu du communiqué, faisant penser à une volonté délibérée d’occulter les paroles du commissaire européen.
La version de Didier Reynders a été publiée plus tard par la Délégation de l’UE en Tunisie. Il en ressort que le responsable a souligné à plusieurs reprises que toute démocratie a besoin d’un maximum d’inclusivité et a évoqué la nécessité d’un dialogue. « Pour sauvegarder tout acquis démocratique, il est essentiel de renforcer l’État de droit, la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et le respect pour les droits humains.
La liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté de manifestation ainsi que les autres libertés fondamentales sont des valeurs essentielles des États démocratiques et de l’UE. C’est la grandeur de la Tunisie d’avoir pu développer une société civile si dynamique et une presse résolument libre. Ce sont des acquis qu’il faut sauvegarder à tout prix. Nous y veillons au sein de l’UE, notamment à travers la publication du rapport sur l’État de droit. Nous faisons de même concernant les pays candidats ou partenaires en collaboration avec le Conseil de l’Europe, en particulier la Commission de Venise ou le Greco.
Ces principes forment la base de notre partenariat stratégique. Aujourd’hui l’UE et ses États membres se préoccupent par rapport à leur pleine soutenance », a-t-il relevé.
Évoquant les prochaines élections législatives du 17 décembre, Didier Reynders a assuré que les modalités de déroulement du scrutin, devraient être l’occasion de favoriser un véritable échange dans le cadre d’un dialogue national inclusif entre tous les acteurs sociaux et politiques.
« L\’Union européenne a rappelé à plusieurs reprises que ce dialogue est une condition essentielle pour la soutenabilité des réformes politiques et économiques » a-t-il indiqué, ajoutant que « L’Union européenne continuera à suivre de près les prochaines étapes du pays et restera aux côtés du peuple tunisien et à l’écoute de ses besoins. Elle réaffirme sa disponibilité et sa volonté à apporter son soutien pour mener à bien le retour à la normalité démocratique ».










