Le directeur de la Bourse de Tunis, Bilel Sahnoun, a commenté, lundi 21 novembre 2022, la situation financière des caisses sociales notant que celles-ci auraient pu éviter le déficit chronique dont elles souffrent actuellement, si elles n’étaient pas interdites d’investir dans la bourse.
Invité de Myriam Belkadhi dans la Matinale de Shems FM, il a avancé que les caisses sociales disposaient dans les années 90 de réserves estimées à plus d’un milliard de dinar. A son sens, les caisses sociales auraient pu investir cet argent dans le marché financier et ainsi fructifier leurs réserves, aujourd’hui épuisées. Si les caisses sociales avaient la possibilité d’investir le tiers des réserves dont elles disposaient alors dans des actions qui se vendent actuellement à 20 dinars, elles auraient réalisé un gain de six fois les réserves des années 90 soit six milliards de dinars, « ce qui est largement suffisant pour couvrir le déficit actuel », a-t-il expliqué.
En 2020, le déficit des caisses sociales et leurs endettements se sont aggravés. La CNSS a enregistré un déficit de 1,07 milliard de dinars, avec une aide de l’Etat et participation sociale solidaire de 40 millions de dinars (MD). Son endettement a, lui, été de 3,36 milliards de dinars pour cette période. Le déficit de la CNRPS a atteint 190,8 MD en 2020, avec une aide de l’Etat et participation sociale solidaire évoluant de 200 MD à 460 MD. Son endettement est, lui, passé à 3,56 milliards de dinars à la période correspondante.
Aucune réforme efficace n’a cependant été proposée pour pallier ce déficit devenu un véritable fardeau pour l’Etat.
Selon Bilel Sahnoun, contrairement au monde entier où les fonds de pension ont le droit d’investir dans le marché financier et la bourse, les caisses sociales tunisiennes – la CNSS et la CNRPS – n’y ont pas accès, bien que le risque soit atténué dans les investissements sur le long terme. Il a appelé, dans ce sens, à permettre à ces « collecteurs de l’épargne » d’investir une partie de cette épargne dans la bourse, car celle-ci offre de « bonnes opportunités d’investissement sur le long terme ». « Le retour sur investissement pour les investissements à moyen terme dans la bourse se fait au bout de dix ans seulement, soir deux fois plus rentable que l’investissement dans l’immobilier », a-t-il précisé.
M. Sahnoun a noté, par ailleurs, que la Bouse de Tunis a été la seule à ne pas avoir été impactée par la crise mondiale due, entre autres au conflit russo-ukrainien, car les secteurs pétrolier et agroalimentaire ne sont pas représentés.
N.J.










