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Lettre ouverte à Fethi Sellaouti, vous êtes une honte pour l’Éducation et une menace pour nos enfants !

 

Par Nizar Bahloul



Monsieur le ministre de l’Éducation

Il est parfois des moments dans la vie où l’on prend un rendez-vous avec l’Histoire. Certains y gravent leur nom et deviennent une fierté pour leur famille et leurs enfants, des générations durant. Certains, en revanche, deviennent une honte. Je ne vous présente même pas d’excuses, car vous n’en méritez pas, votre nom Fethi Sellaouti, figurera dans la deuxième catégorie.

Jusque-là, et au vu de votre parcours, vous avez toujours été une personne respectable, digne de confiance et d’estime. Jusque-là. Car les choses ont bien changé depuis votre nomination.

 

Ministre de l’Éducation depuis le 11 octobre 2021, vous avez été incapable de résoudre les problèmes structurels de votre département. Vous n’avez peut-être pas fait pire que vos prédécesseurs, mais vous n’avez certainement pas fait mieux.

À ce niveau, vous êtes aussi incapable que les médiocres qui vous ont précédé et vous êtes à des années-lumière de Jallouli Farès, Mahmoud Messaâdi, Abdelaziz Ben Dhia, Mohamed Charfi, Ahmed Friâa, Abderrahim Zouari, Raouf Najar ou Hatem Ben Salem. Ah oui, vraiment à des années-lumière. Mais je ne saurai vous critiquer sur ce rendement, après tout, la plus belle fille au monde ne peut pas donner plus ce qu’elle n’a. 

 Là où vous vous êtes illustré par rapport à vos prédécesseurs, aussi bien les médiocres que les brillants, c’est par votre incapacité à résoudre les problèmes conjoncturels.

Sous votre mandat, il y a eu 750 mille élèves qui sont restés sans école trois mois durant. Il s’agit d’un véritable crime d’État dont vous portez la responsabilité avec votre gouvernement. C’est toute une génération qui va traîner un retard par votre faute ! Mais comme vous n’êtes pas l’unique responsable de ce qui est arrivé à ces 750.000 élèves, je ne saurai vous condamner tout seul dans une lettre ouverte.

 

Mais là où vous êtes l’unique coupable, c’est votre silence assourdissant tout au long de cette semaine devant la polémique suscitée par le renvoi définitif de l’élève Nour Ammar. Silence que vous avez rompu ce vendredi 9 décembre 2022 dans une déclaration à mes confrères d’IFM où vous disiez que le statut de l’enseignant doit être au-dessus de tout et que l’élève se doit obéissance au corps enseignant.

Monsieur le ministre, par cette déclaration vous avez failli à votre mission première, celle de protéger nos enfants. Vous déclarez publiquement que nos enfants sont secondaires par rapport à vos enseignants. Par cette déclaration, vous avez bafoué la présomption d’innocence et vous avez occulté le SOS d’une enfant dont les parents vous ont missionné pour l’éduquer.

Dans cette histoire, les choses sont très simples. On a une élève enfant mineure, non encore préparée à la vie, qui a été intimidée, humiliée et harcelée par un enseignant adulte majeur, chargé de dispenser le savoir.

Ne sachant pas à qui elle devait aller se plaindre et crier au secours, l’enfant a agi comme tous les enfants de sa génération en postant une vidéo dans laquelle elle dénonce les abus du professeur.

Sous d’autres cieux, l’enseignant aurait été suspendu de son travail jusqu’à complément d’enquête et il aurait été licencié de son travail si les propos de l’élève se trouvaient vérifiés.

Dans le lycée El Omrane, l’enquête n’a touché que l’élève et il n’y a qu’elle qu’on a sanctionné ! Et comment ? Par la pire sanction qui soit, le renvoi définitif !

Dans cette histoire l’élève est victime, elle dénonce au monde le harcèlement et l’injustice qu’elle a subis et c’est elle qui se trouve sanctionnée par le monde des adultes ! C’est elle qui se trouve jetée à la rue pour devenir candidate à la délinquance, la criminalité ou l’émigration clandestine.

Quand bien même elle serait une menteuse et qu’elle ait manqué de respect à l’enseignant, sa vidéo mérite-t-elle une sanction aussi radicale, aussi extrême, aussi bien grave ?

Qu’a dû faire cette enfant quand votre ministère ne prévoit aucun recours aux élèves subissant le harcèlement de vos enseignants (et il y en a), l’intimidation de vos professeurs (et il y en a) et les injustices de vos instructeurs (et il y en a) ? Avez-vous mis en place des cellules d’écoute et des psychologues ?

Dans cette histoire, le système a été conçu pour servir l’enseignant d’abord, l’élève ensuite. Les grèves multiples des professeurs qui ont pris nos enfants en otage des années durant en témoignent.

 

Plutôt que de soutenir celui qui a appelé au secours, la présumée victime, l’enfant mineur, vous avez mis le statut de l’enseignant au-dessus de tout !

Non, monsieur le ministre ! L’enseignant n’est pas au-dessus de tout, c’est l’élève qui doit être au-dessus de tout !

Non, monsieur le ministre ! Le présumé harceleur n’est pas au-dessus de tout, c’est la victime qui doit être au-dessus de tout !

Non, monsieur le ministre !  Nous ne payons pas d’impôts pour payer vos enseignants, nous payons des impôts pour éduquer nos enfants.

 

Monsieur le ministre, votre déclaration du 9 décembre 2022, la veille de la Journée internationale des Droits de l’Homme est une atteinte aux droits de l’enfant, une atteinte aux droits de l’Homme, une atteinte aux victimes, une atteinte aux femmes, une atteinte à l’éducation, une atteinte à la justice, une atteinte à la liberté d’expression et une atteinte au bon sens.

Vous êtes un ministre anachronique, vous vivez encore au Moyen-âge et non en 2022 !

Pour finir, en paraphrasant votre président, vous êtes un ministre en dehors de l’Histoire et en dehors de la géographie.

Dans un pays qui se respecte, le ministre aurait ordonné immédiatement une enquête pour décider ensuite du licenciement définitif de l’ensemble des enseignants faisant partie du conseil de discipline ayant renvoyé Nour Ammar.

Dans un pays qui se respecte, vous auriez cherché à rétablir la justice avant de chercher à rétablir l’image de vos enseignants.

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