La président du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, a dévoilé, mardi 3 janvier 2023, sa feuille de route pour sauver le pays de la crise. Lors d’une conférence de presse organisée à cet effet, elle a appelé à la destitution du président de la République et l’instauration d’un conseil socio-économique en plus d’un organe législatif élu suivant les normes internationales.
L’avocate a affirmé que la priorité était à la situation socio-économique du pays notant que cela requiert un minimum de stabilité politique et d’indépendance de la justice.
Pour mettre en application son plan, il faudrait d’abord, selon Abir Moussi, destituer Kaïs Saïed en annonçant la vacance du poste de président de la République conformément aux dispositions de l’article 107 de la constitution de 2022 élaborée par Kaïs Saïed, lui-même.
Elle a expliqué, dans ce sens, que le président de la République était incapable d’assumer ses responsabilités puisqu’il n’a pas été élu sur la base de cette même constitution et n’a pas prêté serment. Le chef de l’État a, rappelons-le, été élu en 2019 conformément aux dispositions de la constitution de 2014. « Cela nous permettre de mettre fin au processus destructeur de Kaïs Saïed sans se référer à la constitution de 2014 et sans le parlement de (Rached) Ghannouchi », a-t-elle lancé notant que Kaïs Saïed n’aura même pas à avancer de motif pour annoncer la vacance de son poste dont la durée est indéterminée, selon l’article 107 de la constitution de 2022.
S’en suivra, d’après Abir Moussi, un remaniement ministériel au niveau des ministères de l’Intérieur, de la Justice, des Finances, des Affaires sociales, et des Affaires étrangères. « L’intérieur, la Justice et les Affaires sociales ne sont pas les ministères de l’Etat. Ce sont le bras de Kaïs Saïed, une épée de Damoclès sur la tête du peuple au nom de Kaïs Saïed, son projet et son populisme », a-t-elle cinglé.
Celui qui remplacera Kaïs Saïed à la tête de l’État – la cheffe du gouvernement Najla Bouden, dans ce cas de figure – pourra, en plus du remaniement ministériel, désigner les membres de la Cour constitutionnelle et annuler le décret 35 sur les modalités de révocation des magistrats.
Abir Moussi a, par ailleurs, appelé à la création d’un Conseil socio-économique de par la gravité de la situation économique du pays composé de compétences nationales, hormis celles qui ont occupé de hautes fonctions durant la dernière décennie. Ce conseil aura, selon la présidente du Parti destourien libre, un rôle consultatif auprès des pouvoirs exécutif et législatif et pourra ainsi consulter tous les projets de lois d’ordre financier, économique et social… et, entre autres, le programme présenté par le gouvernement de Najla Bouden au fonds monétaire international.
La présidente du Parti destourien libre a évoqué, également, la nécessité de mettre en œuvre l’ensemble des réformes requises et en particulier règlementaires, soulignant, ainsi, l’importance de réviser certaines lois pour qu’elles soient conformes à l’évolution de l’économie.
N.J.










