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Le cirque du nouveau parlement

  

Souvenez-vous, l’ancien cirque… pardon parlement…ressemblait à s’y méprendre à une œuvre de Banksy, et pas n’importe laquelle. Son œuvre la plus chère à ce jour, dans laquelle il représentait le parlement britannique peuplé de chimpanzés. L’image résume parfaitement les années parlementaires qui se sont écoulées en Tunisie.

 

La dissolution du parlement en 2021 était donc ce plaisir coupable semblable à celui que vous éprouvez lorsqu’une personne qui vous énerve se casse accidentellement la gueule en trébuchant dans la rue. Vos bonnes manières et vos valeurs vous disent d’être désolés pour elle, mais vous vous en réjouissez intérieurement.

La dissolution du parlement en 2021 nous avait soulagé de singeries interminables où des élus du peuple, payés avec les deniers du peuple, se foutaient allègrement de la gueule du peuple, en direct à la télévision. Le peuple a tendance à avoir la mémoire courte, souvenez-vous des insultes, des agressions physiques, des revirements de derrière minute dans le vote de lois cruciales pour le pays. Souvenez-vous des plénières reportées pour absence de quorum et des projets de loi enterrés alors qu’ils sont attendus depuis des années. Souvenez-vous aussi des votes qui se tiennent à des heures tardives de la nuit, pendant que le peuple dort, et des marchés, des ententes et des accords qui servaient plusieurs personnes, mais pas le peuple.

Les propos sexistes, misogynes et violents, les députés qui venaient en casque faire leur show, ou organisaient des soirées pyjama dans l’enceinte du parlement. Ceux qui négociaient leurs primes alors que vous dormiez à poings fermés. Ceux qui tenaient des propos violents, ceux qui insultaient, pas seulement l’intelligence du peuple, mais aussi tout ce pourquoi il croit et toutes les valeurs qui font qu’il a naïvement voté pour ces gens-là.

Face caméra, le jeu politique laissait place à l’intégrisme, à l’hystérie et à l’expression des égos les plus surdimensionnés. Les députés venaient régler des comptes entre eux mais aussi avec une partie du peuple.

Tous n’étaient évidemment pas à mettre dans le même sac et la vie parlementaire, avec ses singeries et ses rageantes pertes de temps, fait partie intégrante de l’expression de la démocratie dans ce qu’elle a de mieux…mais aussi de pire.

Comme nous avions écrit en juillet 2021, cette dissolution ne mérite pas d’être applaudie. Encore une fois, « bonnes intentions (peut-être), mais méthodes (très) foireuses ».

Mais ce qui a permis à plusieurs personnes ce jour-là et aujourd’hui encore d’applaudir cette dissolution, ce coup d’État, ce coup de force anti-démocratique, a été déclenché par ce même parlement. Ces mêmes singeries, filmées en direct au vu et au su de tous, ont été le déclencheur du projet putschiste du 25-Juillet.

 

Aujourd’hui, nous n’aurons pas droit à ce cirque, si cirque il y a. Vous voulez parier ? Les plénières ne pourront pas être décortiquées, critiquées et expliquées par les médias non estampillés pro-régime. Nous n’aurons pas la possibilité d’obtenir les réactions des élus sur le tas, ni de rapporter les travers et les transgressions qui, autrefois, se déroulaient au vu et au su de tous.

Comment ferons-nous alors pour savoir si ce nouveau parlement, fruit de l’immaculée conception, est meilleur que ses ancêtres ? Il faudra avoir la foi mes enfants.

 

Lorsque les animaux avaient chassé les humains, dans la Ferme des Animaux de Georges Orwell, ils avaient promulgué leurs « Sept Commandements » pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Ils avaient ainsi décrété que :

« Tout deux pattes est un ennemi.

Tout quatre pattes ou tout volatile, un ami.

Nul animal ne portera de vêtements.

Nul animal ne dormira dans un lit.

Nul animal ne boira d\’alcool.

Nul animal ne tuera un autre animal.

Tous les animaux sont égaux. »

 

Au final, tous ces commandements ont été violés, bafoués et transgressés par ceux-là mêmes qui les avaient décrétés et il était impossible de distinguer l’animal de l’Homme…

Ce Parlement est encore un nouveau-né. Nous ignorons tout, ou presque, des débats, des votes, des marchés, des revirements et des transgressions qui auront lieu sous sa coupole dans les mois, ou années à venir. Si le bénéfice du doute lui est déjà accordé, une chose est sure cependant : dans ce Parlement, comme dans l’ancien, « tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres »…

 

 

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