L’avocat et dirigeant du Front de salut national, Ahmed Nejib Chebbi, est revenu, jeudi 1er juin 2023, sur l’affaire de complot contre l’État rappelant que cela fait cent jours que son frère Issam Chebbi, secrétaire général d’Al Jomhouri, et d’autres personnalités sont en détention dans le cadre de cette affaire.
Intervenant lors d’un point de presse organisé par Al Joumhouri dans ses locaux, Ahmed Nejib Chebbi a signalé que les faits incriminants reprochés aux personnalités politiques en détention – les membres du Front de salut national, entre autres – étaient toujours méconnus de la défense. « Nous ne savons ni pourquoi ils ont été arrêtés ni quand ils seront libérés », a-t-il déclaré notant, encore une fois, que ces arrestations sont d’ordre politique. Selon Ahmed Nejib Chebbi, il n’y a aucun acte pénalisant qui justifie ces arrestations juridiquement, cependant, il est clair que cela a été opéré car Al Joumhouri a abrité plusieurs réunions durant lesquelles les personnalités arrêtées ont discuté des moyens et actions à engager pour coordonner un retour à la démocratie en Tunisie. « Ceci est le grand crime qu’ils ont commis », a-t-il avancé soulignant que la sortie de prison des personnalités arrêtées ne se fera que quand la société se lèvera et obligera le pouvoir en place à les libérer. « Cela s’accélère d’ailleurs ! », a-t-il ajouté.
Dans cette affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, plusieurs personnalités politiques et médiatiques critiques du régime, ont été incarcérées en février 2023. Parmi les personnes interpellées figurent Issam Chebbi, Jaouhar Ben Mbarek, Chaïma Issa, Ridha Belhaj, Lazhar Akremi, Kamel Letaïef, Abdelhamid Jelassi… La liste compte une vingtaine de personnes. Le parquet en charge de l’affaire n’a toujours pas présenté un seul fait concret prouvant le présumé complot fomenté par les prévenus. Le paradoxe est que ce même parquet a disculpé les diplomates cités dans les actes d’accusation, alors que c’est ce qu’on reprochait aux prévenus, des réunions avec des étrangers dans l’objectif de comploter contre l’État.
Les PV d’interrogatoires fuités sur les réseaux sociaux montrent, par ailleurs, que la procédure a été lancée suite à des délations de deux personnes anonymisées par le juge d’instruction. Une de ces deux personnes est Chafik Jarraya en prison depuis 2017 et la seconde, un témoin anonyme qui cite des rumeurs que lui aurait raconté un de ses amis en Belgique qui, lui-même, a appris des informations venant d’une amie (sans nom) vivant à Londres.
N.J.










