L’expert en énergie, Imed Derouich, a considéré que la question du recours à l’hydrogène était un sujet récemment évoqué dans le monde dans le cadre de la transition énergétique et de la diminution de la pollution. Cette technologie permet de fabriquer de l’électricité sans émettre de gaz à effet de serre.
Invité le 15 juin 2023 à « Sbeh El Ward » de Hatem Ben Amara sur Jawhara Fm, Imed Derouich a indiqué que la Tunisie sera connectée à un pipeline dédié à l’acheminement de l’électricité vers l’Europe. Il s’agit d’un projet financé par la Banque Mondiale et l’Europe. La Banque Mondiale a dédié une enveloppe de près de 300 millions de dollars concernant la connexion de la Tunisie.
Imed Derouich a estimé que la Tunisie n’était pas en phase avec la transition énergétique et le recours à la production de l’électricité par l’utilisation de l’hydrogène. Il a considéré que l’administration tunisienne ne s’est toujours pas préparée à la chose. Les énergies renouvelables représentent, seulement, 3% des énergies utilisées pour produire l’électricité en Tunisie. Imed Derouich a qualifié la chose de fiasco. Il a indiqué que l’État n’a jamais atteint les objectifs fixés en matière de transition énergétique. Il a indiqué que les bailleurs de fonds, tels que la Banque Mondiale, exigeaient la mise en place de cette transition afin d’accéder à un financement.
« Le plus grand marché d’hydrogène dans le monde est l’Europe. Elle a besoin de douze millions de tonnes chaque année. Cette quantité n’est pas disponible. Les énergies renouvelables produites en Europe ne suffisent pas à couvrir les besoins. Ils doivent s’ouvrir sur leur environnement voire sur le monde entier. Nous sommes les plus proches. Nous avons un moyen de transporter la quantité produite : le gazoduc. Il peut être utilisé pour la même chose… Il faut y apporter quelques modifications techniques, mais, c’est possible », a-t-il dit.
Imed Derouich a expliqué que la Tunisie bénéficiera de la transition énergétique même si c’est l’Algérie qui en produit. Le gazoduc sert à approvisionner l’Europe, mais aussi la Tunisie et il passe sur le territoire national tunisien.
Pour ce qui est des négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI), Imed Derouich a assuré que les Européens soutenaient la Tunisie, et ce, ouvertement et publiquement durant les réunions du printemps. Il a estimé que la question de la levée des compensations a été clôturée. Il a rappelé que l’accord avec le FMI était important afin de débloquer l’accès à d’autres fonds. Il a estimé que la signature de l’accord n’aura pas lieu durant le mois de juin de 2023.
« Il y a les vacances du FMI. Le chargé du dossier de la Tunisie, Jihad Azour, s’est présenté pour l\’élection présidentielle au Liban… Je pense qu’il va mettre fin à ses fonctions au sein du FMI. Je pense qu’il s’agit d’une perte pour la Tunisie… Il s’agit de l’un des amis et des soutiens de la Tunisie au sein du FMI… Il y aura les réunions de l’hiver à Marrakech (au Maroc)… Le FMI attend deux décisions que je ne peux pas divulguer… Je peux vous assurer que la question de la levée des compensations appliquées aux hydrocarbures n’était plus une condition sine qua non de la signature d’un accord… Le représentant de l’Arabie Saoudite au sein du FMI a reçu l’instruction de la part de son pays de soutenir la Tunisie », a-t-il ajouté.
Concernant la réforme du système des compensations, Imed Derouich a estimé que la Tunisie devait se doter d’un système mettant en place des prix variant selon le revenu de l’individu. La facture d’électricité peut être plus chère pour les personnes à forts revenus. Il a appelé à l’instauration d’une justice énergétique et environnementale. Il ne s’agit pas d’un système de taxation.
S.G










