« Les enfants d\’éminents juges et politiciens tunisiens emprisonnés ont accusé l\’Union européenne de trahir ses valeurs en blanchissant le régime du président Kaïs Saïed dans le vain espoir qu\’il puisse endiguer le flux de migrants vers l\’Europe », a publié, hier, mardi 27 juin 2023, le journal The Guardian.
L\’UE est prête à fournir à la Tunisie 1 milliard d\’euros malgré l\’effondrement de la démocratie dans le pays au cours des deux dernières années, précise le journal, soulignant que lors d\’une conférence de presse tenue à La Haye, Kaouther Ferjani, fille de Said Ferjani, dirigeant d’Ennahdha, a déclaré être « attristée de voir que les valeurs de la démocratie et des droits de l\’Homme sont ignorées quand il s\’agit de la Tunisie et que les Européens préféreraient blanchir Saïed ».
« Ce président n\’utilisera pas l\’argent pour freiner les migrations, mais pour plonger le pays dans le désespoir. Il conclut ces accords avec l\’Europe, mais dit ensuite qu\’il ne laissera pas la Tunisie être une prison à ciel ouvert ou agir en tant que police des frontières de l\’Europe. Les contribuables européens se demandent où leur argent est réellement dépensé. Il a besoin de cet argent pour financer la sécurité sociale et payer les salaires des fonctionnaires », a-t-elle ajouté.
Aziz Akremi, fils de Béchir Akremi a déclaré que les juges tunisiens « vivent dans un état de peur et de chaos complet, sachant que s\’ils ne se conforment pas aux exigences du président, leur bureau sera fermé le lendemain ».
« Le concept de séparation des pouvoirs n\’existe plus, et le pouvoir judiciaire tunisien a perdu toute indépendance. Toute l\’économie s\’effondre », a-t-il déploré.
Elyes Chaouachi, le fils de l\’ancien dirigeant d\’Attayar Ghazi Chaouachi, a déclaré que son père avait été arrêté il y a plus de quatre mois, et n\’a toujours pas été informé d\’aucune accusation claire ni date de procès.
Yosra Ghannouchi, fille de Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha a décrit, pour sa part, la politique de l\’UE comme « à courte vue, contre-productive et dangereuse », affirmant que le président ne peut pas résoudre les problèmes économiques de la Tunisie.
« Sa seule solution est de trouver des boucs émissaires, des juges, des puissances étrangères, le FMI et les migrants. Ces prêts et opportunités qu’offre l\’Europe ne font que le légitimer », a-t-elle affirmé.
A La Haye, siège de la Cour pénale internationale (CPI), les familles des opposants emprisonnés ont demandé à la CPI de commencer à enquêter sur les violations des droits de l’Homme commises en Tunisie. Il a été souligné que si aucun progrès n\’est constaté, les familles présenteront une demande officielle à la Cour.
M.B.Z










