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Raja Ben Slama fait le bilan de deux ans post 25-Juillet

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    L\’universitaire et intellectuelle Raja Ben Slama a publié, lundi 3 juillet 2023, un statut sur sa page Facebook faisant le bilan des deux années du règne de Kaïs Saïed après le putsch du 25 juillet 2021.
     
    « Nous ne comprenons pas où va le pays face à tous ces risques économiques, les menaces qui pèsent sur le Tunisien, son gagne-pain et ses besoins essentiels, face à tous les changements géostratégiques qui secouent le monde, et nous n’y percevons aucun impact dans les discours des décideurs et leurs ‘décisions’, si celles-ci existent, toutefois.
     
    Nous ne voyons aucun impact positif de la campagne anti-corruption (les dessous-de-table sévissent à tous les niveaux, et la loi ne s\’applique pas à celui qui paye).
     
    Nous ne voyons aucun impact positif de la campagne de lutte contre le monopole.
     
    Nous ne comprenons pas la politique du pays en ce qui concerne la question migratoire.

    Les informations sur l’accord entre la Tunisie et l\’Europe dans ce domaine ne nous parviennent qu’à travers les médias étrangers, comme si nous étions des sujets ignares qui ne méritaient pas d\’ouvrir le débat public sur notre sort.

    Nous ne comprenons pas ce qu’est la vision économique du président de la République.

    Nous ne voyons aucune efficacité aux idées idéalistes qu\’il a avancées au sujet des entreprises communautaires et autres.

    Nous ne comprenons pas le motif de son rejet de l’accord Open Sky alors qu’il s\’agit d\’une expérience réussie qui peut développer l\’économie et l\’investissement.

    Nous ne voyons pas de ‘système de compensations aux plus méritants’, mais plutôt des subventions levées en pratique.

    Nous ne voyons ni démantèlement de l’économie de rente ni libéralisation de l\’économie.

    Nous ne voyons ni réforme du secteur public, ni restructuration des entreprises qui épuisent les ressources de l\’État.

    Nous ne voyons pas de réforme au port de Radès, l\’un des obstacles majeurs qui freinent le développement des investissements tunisiens à l\’étranger.

    Nous ne voyons pas de révision du Code des changes

    Nous ne voyons pas d’intérêt pour la situation environnementale, plutôt une incapacité même à mettre en œuvre l\’interdiction des sacs en plastique.

    Nous voyons des gouvernorats sans gouverneurs et des ambassades sans ambassadeurs.

    Nous voyons le deuxième plus grand gouvernorat du pays ; Sfax, sans gouverneur, livré à lui-même face à tous ses problèmes ; le flux migratoire provenant des frontières du plus grand voisin, principalement.

    Nous voyons des opposants pacifiques accusés de complot et déférés en vertu de la loi antiterroriste.

    Nous assistons des restrictions au plus important acquis de la révolution de la dignité ; la liberté d\’expression, en vertu d’un décret anticonstitutionnel.

    Nous voyons une cheffe de gouvernement qui ne parle même pas en dialecte tunisien, que nous connaissons à peine, que nous ne voyons que silencieuse courbant la tête devant le maître qui a rassemblé tous les pouvoirs.

    On nous disait quand nous étions à l’école que ‘la politique est l\’art de convaincre’. Y a-t-il de la politique dans le pays ?

    La Tunisie, n\’est-elle pas un bateau dérouté sans capitaine ?

    Ce pays, qui regorge de compétences, ne mérite-t-il pas un gouvernement plus efficace et plus compétent ?

    Il est temps qu’on réponde de ses actes. (…) ». 

    N.J 

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