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Le black-out dans les cerveaux

 

La coupure générale de l’électricité, survenue cette semaine, a démontré encore une fois que le black-out s’est en fait installé durablement dans les cerveaux des masses zakafounisées. Curieuse caste qui vit parmi nous, évolue et dégage un semblant de pensée. Le crash du réseau électrique sur tout le territoire tunisien avait semé un vent de panique chez les citoyens.

 

Mais les plus paniqués semblaient être nos amis biberonnés aux théories du complot. Ils y ont vu de prime abord une tentative de coup contre leur Messie sauveur de l’Humanité tout entière. Ensuite, ils se sont mis à déblatérer, la peur au ventre, sur un sabotage ourdi par d’obscures parties félonnes qui veulent nuire au régime et à son peuple. Enfin, quand ils ont commencé à comprendre qu’il s’agissait d’un problème technique, ils ont exprimé leur soulagement en faisant tourner en boucle des messages d’une flagornerie inégalée. « Vive le Professeur-Président ! », « À bas les traîtres ! », « On est prêts à vivre avec des bougies, des lanternes, du feu primitif, pourvu qu’il n’y ait pas de retour en arrière ! », « Vous ne passerez pas malgré vos tentatives » …. Ces gens-là, il faut le dire, sont dotés d’un esprit ovin si développé que ça forcerait presque l’admiration.  

 

Ce sont ces mêmes personnes qui croient dur comme fer que les pénuries des produits de base, le retard dans les projets, les échecs successifs, les caisses de l’État vides ou les noms des tempêtes sont du fait de lobbies qui fomentent leurs méchants plans dans des antichambres obscures. En parlant de tempête, il fallait voir la réaction de ces masses après la sortie présidentielle sur Daniel. Tel un essaim lobotomisé, ils ont applaudi et abondé dans ce délire en y rajoutant plusieurs couches. De qui disaient que ce sont les Sionistes et les Américains qui contrôlaient les systèmes météorologiques et les satellites, d’autres s’insurgeaient contre une colonisation muette des esprits arabes ou encore il y a ceux qui insultaient ceux qui en riaient parce qu’ils aidaient en cela le Mossad qui voulait du mal au chef libérateur. La folie furieuse. Syndrome divagatoire à grande échelle. Et gare à celui qui viendrait parler avec un peu de rationalité dans ce cafouillis d’insanités, celui-là ne mérite qu’injures et graves accusations.

C’est tout un système d’abêtissement qui s’est installé en Tunisie alimenté par un pouvoir qui sert des inepties à tour de bras, au détour de discours hallucinants et hallucinatoires. On en viendrait à dire qu’il s’agirait d’une politique d’État. Pourquoi pas, après les innombrables péripéties auxquelles on a assisté pendant ces dernières années.

 

Pendant ce temps-là, le pouvoir continue de harceler et de menacer toute voix critique, dissonante ou dotée d’un peu de raison. Journalistes, avocats, intellectuels, artistes, activistes de la société civile… qui osent encore s’exprimer, sont marqués du sceau de l’infamie. Hier encore, le caricaturiste Tawfiq Omrane est passé par la case arrestation pour deux caricatures.

L’expression d’une opinion qui déplaît au régime est devenu un crime. Pas étonnant que l’appareil sécuritaire se sente dans son droit d’arrêter un dessinateur. Le pouvoir ne fait qu’envoyer des signaux contre le pluralisme et les opinions opposées. Les discours incendiaires visant les journalistes, notamment, ne peuvent être perçus que comme un appel implicite à sévir. Pourquoi donc un appareil, qui a maintenu en veille ses réflexes répressifs, n’entrerait pas en action. Des indulgents veulent nous faire vendre l’idée selon laquelle le Président ne mesure pas la portée de ses propos et qu’il y a des cas d’excès de zèle. Non, quand il n’arrête pas de lancer de graves accusations, qu’il prononce des discours incitateurs et haineux, qu’il voue aux gémonies une certaine catégorie de personnes, il ne peut en ignorer les conséquences. Et puis cette démagogie alimente la soif de vengeance des masses. Ça fait exploser de jubilation les cerveaux blackoutés qui demeurent ainsi acquis à sa cause.

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