Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Les communiqués de la présidence ressemblent de plus en plus à des blogs

La présidence tunisienne de la République multiplie les communiqués sans information notable, rédigés avec de la langue de bois et publiés à des heures tardives de la nuit

 

Dans toutes les démocraties du monde, les sites internet et les comptes des réseaux sociaux des présidences de la République et des primatures sont gérés selon des normes de communication bien précises. Il y a des heures déterminées pour publier les communiqués et autres informations utiles pour les journalistes et le grand public, les textes sont systématiquement concis allant droit au but et ne contiennent aucune littérature inutile. On ne saurait y trouver une phrase de trop qu’on pourrait supprimer. On trouve également sur ces sites internet officiels l’agenda du président de la République ou des ministres et, pour certains pays comme les États-Unis, on a souvent des podcasts complets des échanges présidentiels qu’ils soient directs ou téléphoniques.

 

En Tunisie, les comptes officiels de la présidence sous Kaïs Saïed ressemblent davantage à un blog et n’ont rien à voir avec leurs homologues. Ils sont gérés au gré des jours, ils n’incluent jamais l’agenda présidentiel et les textes sont publiés à des heures impossibles avec beaucoup de littérature inutile ne contenant aucune information substantielle. 

Dernier exemple en date, et les exemples sont très nombreux, la journée du mercredi 3 janvier 2024. La présidence a diffusé neuf publications sur sa page Facebook, quatre communiqués textuels, quatre vidéos muettes avec un tapis de son rébarbatif et une vidéo de cinq minutes.

Alors que les rencontres ont eu lieu en journée, les publications ont été diffusées entre 23h22 et 0h36. Une tranche horaire où la majorité du peuple dort. Les journaux papiers ont bouclé leurs éditions depuis des heures, la télévision publique a déjà diffusé son dernier bulletin d’information, tout comme les radios, alors que les journalistes de permanence de la presse électronique ont fini leur shift nocturne.

 

Pour le contenu, les communiqués présidentiels sont parfois expéditifs sans information notable, comme celui de la rencontre avec le ministre et les cadres de l’Intérieur, parfois bourrés de littérature inutile et toujours sans nouvelle information, comme ceux de la rencontre avec la ministre de la Justice et le chef du gouvernement, et parfois exprimant des opinions et des interrogations personnelles dignes d’un post Facebook ou d’un blog d’un néophyte en politique. C’est le cas du communiqué de la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Nabil Ammar, dans lequel Kaïs Saïed critique Israël et se positionne comme un chroniqueur de plateau d’une télévision qui laisse cours aux émotions. Il rappelle les différents assassinats perpétrés par l’État sioniste en s’interrogeant si ces personnes assassinées sont des terroristes ou pas. De par le monde, et la vérification est facile, il ne saurait y avoir un tel communiqué dans une présidence de la République ou primature.

Reste la vidéo de 5’26’’ de la rencontre avec les ministres des Finances et du Commerce. Digne d’un vlog pseudo-communiste. Le président de la République s’en prend aux riches et défend la politique socialiste de l’État. Il y cite Omar Ibn El Khattab (584-644) qui prenait aux riches pour donner aux pauvres, mais se défend de faire pareil. Il rappelle les émeutes du 3 janvier 1984 durant lesquelles il y a eu plusieurs morts et il montre, à l’écran, les photos de cadavres ! Non seulement Kaïs Saïed viole les normes classiques suivies par les présidences du monde entier, mais il viole carrément les règles déontologies en matière d’images diffusées qui stipulent qu’on ne doit jamais montrer de cadavres et de sang à l’écran.

 

N\’ayant pas de directeur de communication depuis 2020 pour le conseiller, Kaïs Saïed fonctionne comme bon lui semble, sans égard aucun pour son public, ni pour les heures de diffusion et encore moins pour le contenu qu’il diffuse.

 

Raouf Ben Hédi

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *