Chaque année est un record pour les fonds levés par l’ONG ‘’I Watch’’, filiale de Transparency International en Tunisie.
Ainsi, pour l’année 2023, I Watch a levé quelque 9,548 millions de dinars des différents organismes étrangers avec qui elle a conclu des conventions de financement, selon un décompte réalisé par Business News, sur la base des déclarations publiques (et obligatoires) de l’association. Une belle croissance de 97,72% par rapport à 2022 avec des produits de 4,829 millions de dinars, d’après ce qu’a relevé son commissaire aux comptes.
L’essentiel de ces « dons » provient de l’Union européenne avec 4,568 millions de dinars officiellement destinés, à créer une dynamique locale pour la reddition des comptes et la création d’un réseau d’ONG autour de la politique budgétaire et des impôts.
Autre contributeur important d’I Watch, les Américains, aussi bien du côté gouvernemental que des grandes ONG prétendument philanthropes.
Du programme gouvernemental de partenariat du Moyen-Orient (Mepi), I Watch a reçu en 2023 quelque 968.859 dinars, officiellement destinés à renforcer les journalistes régionaux et les radios associatives. I Watch a également reçu des fonds du centre américain Carter pour soutenir son projet de fact checking. Une plateforme qui ne brille pas par ses exactitudes, soit dit en passant.
Enfin, il y a lieu de relever les 2,164 millions de dinars versés par l’ambassade des Pays-Bas en Tunisie pour soutenir un projet d’accès à la justice.
Créée en 2011, I Watch a été généreusement financée à ses débuts par la fondation du philanthrope et sulfureux hongrois George Soros. Avant de faire du journalisme via sa radio et sa plateforme de fact checking, I Watch devait à l’origine se spécialiser dans la lutte contre la corruption.
Elle s’est fait connaitre par ses attaques régulières ciblées contre les caciques de l’ancien régime et les grands hommes d’affaires avec des accusations très souvent fallacieuses et/ou imprécises dans une véritable chasse aux sorcières qui ne disait pas son nom. Au fil des années, I Watch a diversifié ses activités et s’est spécialisée sur d’autres thématiques que la lutte contre la corruption et la transparence.
Les gros budgets dont elle bénéficie lui ont permis de dépasser le simple cadre de ses programmes. De simple association de lutte contre la corruption aux débuts, I Watch est devenue un média avec une radio et une plateforme de fact checking. Elle fait également du financier en plaçant le surplus de fonds dont elle dispose. En 2022, elle a placé quelque 500 mille dinars chez Attijari, selon son commissaire aux comptes Skander Bouhlila. Malgré cette diversité, elle peine quand même à consommer tout l’argent dont elle dispose. Au 1er janvier 2022, on note quelque 4,45 millions de dinars non consommés de l’exercice 2021.
On note aussi l’absence de précisions dans les états financiers certifiés et les rapports du commissaire aux comptes. Ainsi, on remarque que l’essentiel des dépenses de 2022 est mis sous la rubrique CH4 « autres charges courantes » de l’ordre de 2,344 millions de dinars. Quel est le détail de ce montant ? Il n’est pas indiqué dans le rapport.
Deuxième poste de charge le plus important, les salaires du personnel totalisant pour 2022 quelque 2,179 millions de dinars contre 1,754 million de dinars en 2021. Dans cette rubrique où tout est mêlé, le commissaire aux comptes ne relève pas combien touchent les dirigeants de l’association, alors que ce détail est d’habitude relevé dans tous les rapports similaires.
Par ailleurs, on relève qu’il y a une différence dans les chiffres de donation affichés sur le site web et ceux certifiés par le commissaire aux comptes pour l’année 2022. Ce qui est affiché publiquement totalise 1,792 million de dinars, alors que le commissaire aux comptes parle d’un total produits de 4,829 millions de dinars dont 4,609 millions de dinars de subventions. Il y a donc clairement une différence de subventions de 2,817 millions de dinars dont on ignore l’origine.
Visiblement, l’association qui milite pour la transparence est, elle-même, opaque sur certains de ses chiffres et identité des donateurs.
Pour les chiffres de l’année 2023 présentés plus haut par Business News (9,5 millions de dinars), il s’agit des chiffres affichés par le site. Il ne serait donc pas étonnant qu’ils soient inférieurs à ceux que donnera le commissaire aux comptes dans quelques mois, si I Watch observe la même opacité qu’en 2022.
R.B.H










