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La farine ne mène nulle part

 

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, le 12 février 2024, le président de l’Instance supérieure des élections, Farouk Bouasker. À cette occasion, le président a dissipé tous les doutes qui persistaient sur la date et la tenue de l’élection présidentielle en assurant que ce rendez-vous serait respecté. Il aurait pu profiter de l’adoption d’une nouvelle constitution pour prolonger son mandat et pour s’accrocher au pouvoir. Il ne l’a pas fait et c’est une preuve d’intégrité de la part du président Kaïs Saïed qui mérite d’être saluée.

Le chef de l’État a une autre qualité franchement appréciable : il ne supporte pas les flagorneurs et les flatteurs et ne rate aucune occasion pour les mettre devant la mocheté de leurs actes et la bassesse de leurs intentions. On se souvient que lors d’une ses visites de terrain, il avait évoqué la réunion qu’il avait eu avec deux cadres de la BNA. En référence à un échange avec l’une des cadres de la banque, le président s’est exclamé : « Alors que je lui parlais de corruption, elle me parlait de sociétés communautaires ! ». En fait, devant les remontrances du président à l’encontre de la banque, la responsable a tenté, maladroitement, d’esquiver et de mettre sur la table le soutien que la banque était prête à apporter au projet présidentiel de sociétés communautaires. Mais sa manœuvre n’a pas marché et le président le lui a fait payer très vite. Le plus ironique dans tout cela, c’est que le président reprochait à la BNA de donner des prêts sans garantie, mais aujourd’hui, il incite les banques à financer les entreprises communautaires, qui elles-mêmes, n’ont aucune garantie à présenter pour obtenir des prêts.

 

Le président de la République a récidivé, tout récemment, lors de la réception du ministre de la Jeunesse et des Sports, Kamel Deguiche. Entre autres choses, il lui a demandé de faire retirer le mot « Excellence » de l’intitulé de la coupe de Tunisie. À l’origine, une initiative pleine de goût du bureau fédéral sortant de la fédération tunisienne de football. Comme plusieurs membres de ce bureau comptent se représenter, encore, le 9 mars prochain, il leur a semblé judicieux de faire ce geste en direction du palais de Carthage. La réponse est venue cinglante et froide. D’autant plus que les commentaires sur les réseaux sociaux et dans certains médias n’ont cessé de moquer ce qu’ils ont perçu comme un retour en arrière de quelques décennies. Encore une fois, la flagornerie et la flatterie n’ont pas trouvé preneur aux abords du palais de Carthage.

 

Idem pour le volet politique. Depuis le coup de force du 25-Juillet, plusieurs partis ont soutenu l’action présidentielle. Devant certaines dérives ce soutien s’est effiloché, mais certains partis ont continué mordicus. Nous avons même vu des dirigeants politiques composer des vers à la gloire du président de la République. D’autres micro-partis se sont même créés durant cette période pour tenter de se greffer à ce que l’on appelle processus du 25-Juillet. Tous ces partis prétendent avoir un lien privilégié avec le président de la République et laissent entendre qu’ils ont l’oreille de Carthage. Ces partis incapables de la moindre mobilisation, les taux de participation aux différentes échéances électorales l’ont montré, proposent des mesures économiques et politiques. Il y en a qui attaquent le gouvernement et qui demandent une composition politique, dans l’espoir d’obtenir quelques ministères, comme du temps de la « décennie noire ». Quoi que fasse le président, quoi que dise le président, il va toujours dans la bonne direction et toutes ses décisions sont avisées et opportunes. Il ne faut pas attendre mieux de ceux dont l’historique est jalonné par le soutien aux dictateurs dirions-nous. Toutefois, il s’agit là d’une ampleur jamais atteinte. Toutes ces manœuvres ont été superbement ignorées par le président de la République qui n’a exprimé que peu d’intérêt, voire parfois du dédain, aux partis politiques qui tentent de s’approprier ses actions. De toutes leurs propositions, il n’en a retenu pratiquement aucune. De toutes leurs jérémiades, il n’a rien appliqué. De leurs leaders, il n’a daigné en recevoir aucun laissant certains prétendre qu’ils échangeaient avec lui au téléphone. Cela ne les empêche pas d’expliquer et de justifier des choix politiques auxquels ils n’ont, à aucun moment, été associés. La manière avec laquelle le projet de loi de criminalisation de la normalisation a été torpillé par le président de la République à l’assemblée n’est qu’un exemple du peu d’intérêt que porte le président à la parole et à la volonté des partis, même s’ils disent le soutenir.

 

La flatterie n’a donc pas d’emprise sur le président de la République et il ne saurait être trompé par une brusque adhésion à ses projets et à ses idées politiques. Kaïs Saïed a montré, à plusieurs reprises, son mépris pour les opportunistes et les arrivistes. Pourtant, cela n’empêche pas certains de continuer à tenter leur chance dans l’espoir d’obtenir les faveurs du pouvoir. Il parait évident qu’ils ne les auront pas.

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