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Dissonance entre la présidence de la République et la présidence du gouvernement

Deux communiqués ont été publiés respectivement par la présidence du gouvernement et la présidence de la République à propos d’activités ordinaires ayant eu lieu lundi 17 mars. Ils mettent en lumière une totale dissonance entre les deux têtes de l’État.

Le communiqué de la présidence du gouvernement concerne une rencontre entre Kamel Maddouri et une délégation de l’Union européenne, présidée par Giuseppe Perrone (dont le nom est mal orthographié dans le communiqué officiel de la Primature). « Le chef du gouvernement a également exprimé son aspiration à développer davantage le partenariat tuniso-européen et à diversifier ses programmes et mécanismes, notamment en augmentant le soutien financier alloué à la Tunisie dans le cadre du programme tripartite 2025-2027 de l’Union européenne », lit-on dans le communiqué de la Kasbah.

De son côté, la présidence de la République a publié à 3h09 un communiqué sur l’audience accordée par Kaïs Saïed à sa ministre des Finances, Mechket Slama. Le chef de l’État y réaffirme une position qu’il martèle depuis des mois : la nécessité de compter sur soi. « L’autonomie, fondée sur nos choix nationaux et sur une fiscalité équitable, est la voie à suivre pour réaliser les attentes du peuple tunisien dans tous les domaines», indique le communiqué présidentiel.

Une politique économique en contradiction avec elle-même

Que conclure de ces deux déclarations publiées à quelques heures d’intervalle par les deux plus hauts dirigeants de l’État ? D’un côté, la présidence de la République prône l’autonomie et l’indépendance économique ; de l’autre, la présidence du gouvernement sollicite un renforcement du soutien financier de l’Union européenne. Deux visions diamétralement opposées : autonomie ou dépendance ?

Kamel Maddouri sait-il que l’argent du contribuable européen n’est octroyé que sous conditions strictes ? Certaines d’entre elles ne sont plus respectées par la Tunisie, notamment en matière de droits de l’Homme et d’indépendance de la justice. Or, le chef de l’État refuse toute ingérence étrangère dans les affaires nationales. Problème : l’Europe ne peut pas financer un pays qui ne respecte ni ses engagements ni les valeurs universelles qu’elle défend.

En clair, la politique d’indépendance prônée par Kaïs Saïed est en totale contradiction avec la quête de financements menée par Kamel Maddouri. Un minimum de cohérence entre les deux pôles de l’exécutif ne serait pas de trop.

R.B.H

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