Dans un communiqué publié jeudi 10 avril 2025, le mouvement Ennahdha a condamné ce qu’il qualifie de graves dérives judiciaires, estimant qu’elles sont contraires à la loi. Selon le parti, le procès dit du « complot contre la sûreté de l’État » est entièrement politique et vise à écarter les voix de l’opposition en exerçant des pressions sur le pouvoir judiciaire pour le détourner de sa mission.
Ennahdha réaffirme sa solidarité totale avec les détenus en grève de la faim et, plus largement, avec l’ensemble des prisonniers politiques. Le mouvement appelle à leur libération, au respect du droit constitutionnel à l’opposition et à l’engagement politique pacifique, ainsi qu’à l’arrêt des procès politiques. Selon lui, ces procès cherchent à détourner l’attention de l’opinion publique des échecs du régime en matière économique et sociale, et de son incapacité à faire face aux véritables menaces pesant sur l’État et la société tunisienne.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs accusés dans ce que les autorités qualifient d’« affaire de complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État » ont annoncé, mardi, le lancement d’une grève de la faim.
Depuis leur lieu de détention, les prévenus expliquent leur décision par un « refus catégorique de participer à une parodie de justice », dénonçant plus de deux années de détention préventive sans procès équitable ni possibilité de se défendre face à ce qu’ils qualifient de « procès politique fondé sur des accusations mensongères ».
Le communiqué est signé par Issam Chebbi, Abdelhamid Jlassi, Khayam Turki, Ridha Belhaj, Ghazi Chaouachi et Jaouhar Ben Mbarek — ce dernier observant déjà une grève de la faim depuis le 30 mars. Ensemble, ils accusent les autorités d’orchestrer une stratégie d’« opacité » visant, selon eux, à « dissimuler la fabrication du dossier et empêcher que la vérité éclate ». Ils dénoncent notamment le recours à des témoins anonymes, l’interdiction de toute couverture médiatique du procès et la tenue des audiences à distance.
M.B.Z










