L’ancien ministre Faouzi Ben Abderrahman a publié, samedi 30 août 2025, un message cinglant sur les réseaux sociaux, analysant les dérives langagières des régimes autoritaires. Il souligne que les systèmes totalitaires ont cette étrange capacité à vider les mots de leur sens, à transformer les concepts familiers en instruments de manipulation politique.
« Les régimes autoritaires privent les mots de leur signification et produisent le non-sens. Les concepts reconnus linguistiquement et politiquement deviennent banals », écrit-il, avant de lister les perversions langagières qui accompagnent la domination politique :
- Le loyalisme envers le pouvoir devient patriotisme.
- L’opposition au pouvoir est assimilée à terrorisme.
- La violation des droits et libertés se présente comme justice.
- Exprimer son opinion devient un acte de trahison.
- La richesse est systématiquement synonyme de corruption, alors que la compétence n’a aucune valeur.
- Le partage de la pauvreté se transforme en État social.
- Le racisme et la suspicion de classe deviennent des discours politiques légitimes.
- La liberté est réduite au chaos, et la répression à un système ordonné.
Dans ce post, Faouzi Ben Abderrahman rappelle le leitmotiv présidentiel sur le renouvellement des approches et des concepts : « Qui a dit un jour que nous avions besoin d’une révolution des concepts, de perspectives et d’idées innovantes et nouvelles ? ».
Au-delà de la critique, c’est une alerte sur la manière dont la langue et les symboles sont instrumentalisés pour légitimer des actions et inverser le sens du réel. Cette réflexion intervient quelques heures après un communiqué présidentiel où Kaïs Saïed a repris pratiquement tous les éléments de langage qui caractérisent sa vision.

R.B.H
NB : La « novlangue » désigne un langage inventé ou manipulé par le pouvoir pour modifier le sens des mots, contrôler la pensée et façonner la perception de la réalité.










