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Censure, pressions, propagande : le SNJT parle de situation critique pour la presse tunisienne

Par Myriam Ben Zineb

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a tiré, mardi 28 octobre 2025, la sonnette d’alarme face à une « situation critique » marquée par une montée sans précédent des menaces visant la liberté de la presse et d’expression. Réuni la veille en session élargie à son siège, le bureau exécutif du syndicat a dénoncé la dégradation du climat médiatique ainsi que les pressions politiques et économiques qui mettent en péril l’existence même de plusieurs médias.

Le SNJT a relevé les difficultés professionnelles et matérielles croissantes auxquelles sont confrontés les journalistes, aussi bien dans les médias publics que privés. Il a évoqué des pratiques de harcèlement, d’exclusion et de contrôle destinées à « soumettre le secteur » et à restreindre les libertés individuelles et collectives. Le syndicat a également dénoncé une « hausse alarmante » de la censure et du black-out médiatique, notamment à travers l’interdiction de couvrir les procès d’opinion ou les affaires d’intérêt public.

Le bureau exécutif a pointé du doigt la volonté des autorités de « transformer les médias en instruments de propagande » et a condamné la privation de plusieurs journalistes de leurs cartes professionnelles et de leurs autorisations de tournage, y compris pour des correspondants étrangers.

Face à ce constat jugé « dangereux », le bureau exécutif élargi du SNJT a décidé de se maintenir en état de réunion permanente et n’exclut pas de recourir à une grève générale dans le secteur. Le syndicat a également annoncé le lancement d’une pétition contre les centres de formation parallèles, qu’il considère comme une menace pour la qualité et l’indépendance du journalisme.

Le SNJT a par ailleurs appelé les journalistes victimes de censure à signaler leurs cas afin d’engager les procédures nécessaires, tout en exhortant les autorités à accélérer la délivrance des autorisations de tournage et à combler le vide au sein de la commission nationale indépendante chargée de l’octroi des cartes professionnelles.

Dans son communiqué, le syndicat a tenu le pouvoir en place pour pleinement responsable de la dégradation du climat médiatique, dénonçant les effets du décret 54, qualifié d’outil de répression et de musellement.

Le SNJT a enfin réaffirmé sa solidarité avec les journalistes Mourad Zeghidi, Chadha Haj Mbarek, Borhen Bssais et Sonia Dahmani, emprisonnés pour leurs opinions ou leur travail journalistique. Il a réclamé leur libération immédiate et la fin des poursuites engagées contre les professionnels des médias au titre du décret 54 ou d’autres textes répressifs, appelant à une mobilisation unitaire « pour défendre la liberté de la presse et le droit des Tunisiens à une information libre et indépendante ».


M.B.Z

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