Un incident grave s’est produit hier au lycée Ibn Khaldoun de Fernana où une partie du plafond d’une salle de classe s’est effondrée alors que des élèves étaient en cours. L’accident n’a heureusement fait que des blessés légers : un élève a été conduit à l’hôpital pour des coupures mineures et une autre a subi une montée soudaine de glycémie liée à la panique avant de regagner son domicile.
Contacté à ce sujet, Ferid Feddaoui, secrétaire général de la section régionale de l’enseignement secondaire à Jendouba, affirme, mardi 11 novembre 2025, sur Jawhara FM, que cet incident n’est pas isolé. « Ce n’est pas un cas nouveau. Tout le monde connaît l’état des infrastructures scolaires en Tunisie », a-t-il déclaré.
Il cite en particulier l’accident de Mezzouna, où deux élèves avaient perdu la vie dans l’effondrement d’un mur, pour rappeler la gravité de la situation. « L’école de Mezzouna, où deux enfants sont morts, a-t-elle été reconstruite ? Non. Devons-nous attendre des morts à chaque fois pour qu’on bouge ? », interpelle-t-il.
Selon lui, la dégradation des bâtiments scolaires est profonde et généralisée : « Les établissements datent de l’époque de l’indépendance et n’ont pas été rénovés. L’absence d’entretien régulier rend les salles de classe dangereuses. »
À cette fragilité structurelle s’ajoute la surcharge des classes : « Dans certains lycées, on dépasse 35 voire quarante élèves par salle. Comment enseigner dans ces conditions, dans des bâtiments qui s’effritent ? », souligne-t-il. Ferid Feddaoui signale également un manque important d’effectifs enseignants, toutes disciplines confondues. « Dans plusieurs établissements, certaines matières ne sont plus assurées ou le sont de manière irrégulière, faute de professeurs. Les élèves se retrouvent avec des heures perdues alors que l’année avance. » Il rappelle que ce déficit touche aussi bien les matières scientifiques que littéraires, aggravant les inégalités entre régions.
Ferid Feddaoui affirme également que les programmes de rénovation annoncés restent théoriques ou trainent en longueur, et que la seule amélioration notable dans la région demeure celle du collège de Jaballah, « réalisée essentiellement grâce à la mobilisation locale ».
M.B.Z










