L’expert en droit du travail et ancien ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Hafedh Laamouri, est revenu en détail, mardi 11 novembre 2025, lors d’une interview téléphonique accordée à Nabila Abid dans l’émission Yaoum Saïd sur Radio Nationale, sur le système de retraite en Tunisie, notamment les différences entre le secteur privé et le secteur public.
M. Laamouri a rappelé, dans ce cadre, que le dispositif exceptionnel du régime de retraite anticipée dans le secteur public, mis en place par l’État pour réduire la masse salariale de la fonction publique est maintenu jusqu’à décembre 2027 afin d’encourager les départs volontaires.
L’expert a d’abord évoqué le secteur privé, régi par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), où plusieurs formes de retraite anticipée sont possibles.
Il a expliqué qu’un salarié ayant travaillé trente ans et atteint 55 ans peut demander une retraite pour raisons personnelles, mais « pour chaque année manquante avant l’âge légal de soixante ans, une réduction de 2% est appliquée à la pension ».
Hafedh Laamouri a insisté sur un point souvent mal compris : « Contrairement à ce que pensent certains, la réduction appliquée à la pension pour départ anticipé n’est jamais rétablie lorsque le bénéficiaire atteint l’âge de soixante ans. Le taux reste définitivement réduit ».
L’expert a également évoqué des cas spécifiques, comme celui des mères ayant élevé trois enfants, qui peuvent bénéficier d’une retraite à cinquante ans, à condition d’avoir travaillé quinze ans. Ce régime, inspiré du modèle français, vise à reconnaître « l’effort de maternité et d’éducation ».
Hafedh Laamouri a ensuite précisé les différences entre la retraite pour épuisement corporel et la pension d’invalidité.
Dans le premier cas, « le salarié peut partir en retraite anticipée pour des raisons médicales, après au moins cinq ans de service, sans condition d’âge, sur avis d’une commission médicale de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) ».
L’expert a ajouté qu’un cas similaire existe pour l’épuisement psychologique, notamment les situations de burnout ou de dépression liée au travail, qui peuvent également être reconnues par la commission médicale comme motifs de départ anticipé.
En revanche, la pension d’invalidité concerne les travailleurs présentant un taux d’invalidité supérieur à 66%, qu’il soit dû à un accident de travail, une maladie professionnelle ou une pathologie grave.
Abordant le secteur public, Hafedh Laamouri a rappelé que les agents relevant de la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) peuvent bénéficier d’un départ anticipé à 57 ans, à condition d’avoir au moins quinze années de service.
Ce dispositif, instauré pour « alléger la masse salariale de l’État et encourager le renouvellement du personnel administratif », a été prolongé jusqu’à décembre 2027 en raison d’un « engouement plus faible que prévu ».
« L’État prend en charge les cotisations manquantes entre 57 et 62 ans, de sorte que le fonctionnaire perçoit une pension comme s’il avait travaillé jusqu’à 62 ans », a-t-il expliqué.
Selon lui, le programme vise aussi à ouvrir la voie à de nouveaux recrutements dans la fonction publique, « mais il n’a pas rencontré le succès espéré, notamment parmi les cadres bénéficiant d’avantages importants ».
L’ancien ministre a également mentionné l’existence de régimes spéciaux dans le secteur public. Certaines professions dites « pénibles », telles que les enseignants du primaire, les agents de sécurité, les douaniers ou encore les membres du corps militaire, disposent d’âges de départ réduits : 57 ans pour la plupart des métiers classés « pénibles » et 52 ans pour les grades inférieurs du corps militaire.
La retraite anticipée reste possible dans les deux secteurs, mais selon des modalités distinctes : économiques ou personnelles dans le privé, programmées et encadrées par l’État dans le public.
I.N.











2 commentaires
Houcem Nasfi
Il faut être attentif lors de la rédaction pour une retraite anticipé secteur privé à cause médicales l’âge minimum est de 50 ans avec 5 années de déclaration
MohamedM
La pension dans le secteur privé est composé du régime général et du régime complémentaire. Le régime général est clair et l’abattement est de 2% par an ou 0,5% de trimestre non cotisé. Par contre rien n’indique que l’abattement dans le régime complémentaire doit s’appliquer. En effet les points à qui lors du départ à la retraite anticipé ont été calculé sur la
Base de la cotisation et ont été payés par l’employeur et l’employé. Ce qui n’est pas le cas pour le régime général puisque en cas de départ à la retraite anticipé il y a pas de travail donc pas de cotisations.