Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Procès d’Abir Moussi : le barreau de Tunis appelle à une mobilisation de soutien

Par Sarra Hlaoui

La section régionale de l’Ordre des avocats de Tunis a annoncé, dans un communiqué publié, mardi 11 novembre 2025, que l’avocate et présidente du Parti destourien libre (PDL), Me Abir Moussi, comparaîtra devant la 4e chambre criminelle de première instance de Tunis, vendredi 14 novembre 2025, dans le cadre de l’affaire n°55418. Il s’agit de l’affaire dite du « Bureau d’ordre ».

Dans cette affaire, Abir Moussi encourt la peine capitale. La présidente du PDL sera, en effet, jugée sur la base de l’article 72 du Code pénal, qui prévoit la peine de mort pour des faits tels que l’incitation à la violence ou aux troubles ou à renverser l’ordre de l’État. Abir Moussi a été arrêtée le 3 octobre 2023, après avoir essayé de déposer un recours contre des décrets présidentiels relatifs aux élections locales. Empêchée de le faire, elle avait manifesté devant le bureau d’ordre de la présidence de la République et diffusé la scène en direct sur Facebook.

Le président de la section régionale, Me Sofiane Belhaj Mohamed, a appelé l’ensemble des avocates et avocats à se rassembler massivement au Palais de justice le jour de l’audience, en signe de solidarité avec leur consœur et en défense du droit à l’exercice libre de la profession.

Dans son communiqué, le barreau de Tunis souligne que cette présence vise à réaffirmer l’attachement des avocats aux valeurs et aux principes de la profession, en particulier la défense du droit de plaider sans entrave et la protection des libertés fondamentales.

L’Ordre rappelle que le respect du droit de la défense constitue un pilier essentiel de la justice et de l’État de droit, et invite à une mobilisation responsable et digne, fidèle à la tradition du barreau tunisien dans la défense des causes justes.

Abir Moussi interpelle l’Ordre des avocats depuis sa détention

Le 10 novembre, depuis sa cellule à la prison de Bulla Regia, Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre et avocate, a adressé une lettre à l’Ordre national des avocats pour dénoncer la dégradation de l’indépendance judiciaire en Tunisie. Elle appelle à une mobilisation forte de la profession face aux restrictions croissantes, aux entraves dans les procédures pénales et aux abus, notamment l’usage injustifié des lois antiterroristes. Moussi souligne également les mauvais traitements qu’elle subit en détention, notamment des transferts arbitraires et des restrictions dans ses contacts avec ses avocats, ainsi que des atteintes au secret professionnel.

Elle interpelle le barreau pour qu’il assume pleinement ses responsabilités syndicales et légales, en défendant non seulement les avocats mais aussi l’indépendance de la justice et les droits fondamentaux des citoyens. Moussi insiste sur le devoir de l’Ordre de refuser de plaider devant des instances judiciaires illégitimes et dénonce la marginalisation des avocats dans le système judiciaire. Elle rappelle que le sort des détenus d’opinion et de la liberté d’expression repose aujourd’hui sur la mobilisation de la profession, seule institution légitime à pouvoir défendre un procès équitable.



Flou juridique et tensions autour de sa défense

Le 24 octobre, Abir Moussi, a comparu devant la quatrième chambre criminelle du tribunal de Tunis dans l’affaire dite du « Bureau d’ordre ». N’ayant aucun avocat officiellement mandaté, elle a assuré elle-même sa défense et a demandé à la cour de clarifier sa situation juridique, en questionnant si elle était légalement détenue ou en liberté. Le tribunal a mis cette question en délibéré et reporté l’examen du dossier au 14 novembre, sans que son avocat Me Nafaâ Laribi soit informé de la décision, laissant planer un flou sur le statut légal de Moussi.

Me Laribi dénonce des entraves à ses droits, notamment son interdiction d’accès au tribunal et l’impossibilité de consulter le procès-verbal, qualifiant ces faits de « violation » et d’« attitude contraire à l’éthique judiciaire ». Il souligne qu’aucune demande de libération n’a été déposée par Moussi, qui réclame seulement la reconnaissance claire de sa situation juridique. Pour l’avocat, ce flou sur un point fondamental fragilise le droit à un procès équitable et témoigne d’un dysfonctionnement inquiétant du système judiciaire.

S.H

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

3 commentaires

  1. ZARZOUMIA

    Répondre
    12 novembre 2025 | 21h14

    on verra bien le 14 novembre

  2. Roberto Di Camerino

    Répondre
    12 novembre 2025 | 14h07

    Justice delayed, Justice denied.
    Brabbi, quelqu’un m’explique pourquoi cette dame est en prison.
    Je vous remercie d’avance.

  3. TOUAGUINE MED B. ALI

    Répondre
    12 novembre 2025 | 10h18

    Comment cet affaire n’a put être régler ou bien en attendant que notre président quittera le pouvoir moralement il devra suivre ce dossier de la cheffe du parti qui semble à une bombe a retardement qui a n’importe moment exploser à l’encontre de la gestion de notre haute bienveillance le président s’agissant d’un cas d’une personnalité qui pèse politiquement ?

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *