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La vérité sur les “100.000 arbres abattus” pour la COP30

Une publication virale, relayée notamment par Donald Trump, accuse le Brésil d’avoir abattu plus de 100.000 arbres pour construire une route menant à la COP30, prévue à Belém en 2025. L’information, reprise par plusieurs médias conservateurs américains, suscite l’indignation en ligne. Mais la réalité est bien différente.

Une publication virale affirme que le gouvernement brésilien aurait abattu plus de 100.000 arbres pour construire une route menant au site de la COP30, la grande conférence mondiale sur le climat organisée à Belém (Pará). L’accusation, relayée notamment par le président américain Donald Trump sur ses réseaux sociaux, a fait le tour du monde. Mais qu’en est-il vraiment ?

Dans la deuxième semaine de novembre 2025, une note attribuée à Donald Trump circule sur X. Le message dénonce « l’hypocrisie du gouvernement brésilien » et accuse celui-ci d’avoir détruit « plus de 100.000 arbres en Amazonie pour construire une autoroute menant à la COP30 ».

Trump s’appuie sur une vidéo de Fox News, qui évoque un supposé scandale environnemental autour d’une « autoroute à quatre voies » construite pour acheminer les délégations internationales vers le centre des conférences.

Dans un communiqué officiel, la Secrétairerie extraordinaire pour la COP30, rattachée à la Casa Civil, a précisé que la route évoquée « Avenida Liberdade » n’appartient pas au programme d’infrastructures de la COP30 et n’est pas financée par le gouvernement fédéral.

Ces travaux sont menés par le gouvernement de l’État du Pará dans le cadre d’un projet plus ancien d’amélioration de la mobilité urbaine.

La Secrétairerie d’État à l’infrastructure et à la logistique du Pará a ajouté que la route suit le tracé d’une ancienne ligne de transmission électrique, où la végétation avait déjà été partiellement supprimée depuis plusieurs années. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une déforestation massive, mais de travaux réalisés sur un couloir déjà dégagé.

Toujours selon la Secrétairerie d’État, le chantier dispose d’une licence environnementale et s’accompagne de mesures de compensation écologique. Le site officiel de la Secretaria on y trouve que la procédure de l’appel d’offres a débuté en 2024, avec des documents techniques comme l’Étude technique préliminaire et le Projet d’exécution déposés dès février et mars 2024. Ces éléments prouvent que le projet existait formellement avant les préparatifs intensifs de la COP30.

Un communiqué publié le 15 juin 2024 par la Secretariat confirme que l’autorisation de début de construction de l’Avenida Liberdade a été délivrée, tout en précisant clairement que le projet « n’est pas de responsabilité du gouvernement fédéral et ne fait pas partie du programme d’infrastructures lié à la COP30 »

Enfin, un article de la plateforme de journalisme d’investigation Agência Pública, publié le 19 août 2025, souligne que le projet de l’Avenida Liberdade remonte à 2012. L’article précise que, bien que les travaux aient été accélérés en parallèle des préparatifs de la COP30, l’initiative n’en faisait pas partie.

Verdict : affirmation trompeuse

Le projet de l’Avenida Liberdade ne relève pas du programme d’infrastructures de la COP30 et n’est pas financé par le gouvernement fédéral brésilien. S’il est vrai que des travaux routiers ont lieu à Belém, ils s’inscrivent dans un projet d’aménagement plus ancien, dont le tracé emprunte une zone déjà partiellement déboisée. Aucun élément ne permet de confirmer la destruction de 100.000 arbres ni un lien direct avec l’organisation de la COP30.

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