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États-Unis – Un shutdown clos, des fractures ouvertes à Washington

Photo par ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Par Agence France-Presse

Républicains comme démocrates aux États-Unis comptent les coups jeudi 13 novembre 2025 au lendemain de la fin de la paralysie budgétaire la plus longue de l’histoire des États-Unis, et par la même d’un combat âpre qui laissera des traces chez les deux partis.

Après plus de quarante jours d’impasse, huit sénateurs démocrates avaient finalement cédé en début de semaine pour mettre fin au « shutdown ». Nombreux à gauche sont ceux à s’être lamentés de leur décision, vue comme une reculade.

Mais avec Donald Trump au pouvoir, et en contrôle des deux chambres du Congrès, la plupart des élus démocrates savaient qu’ils n’avaient que peu de chances d’atteindre leur objectif revendiqué, avec la prolongation de subventions pour « Obamacare », qui permet d’offrir une couverture santé à des millions d’Américains aux revenus modestes.

Alors qu’ils devraient être en train de célébrer leurs victoires électorales de la semaine dernière, les démocrates se retrouvent ainsi à se quereller publiquement, avec de nombreux élus et sympathisants qui pointent du doigt les dirigeants du parti pour leur manque d’efficacité dans l’opposition à Donald Trump.

Ils peuvent en revanche se consoler avec un autre prix, plus stratégique : l’attention du public américain est désormais davantage tournée vers le thème du coût de la santé, et du coût de la vie de manière générale. Un atout pour l’opposition, à un an des élections de mi-mandat de novembre 2026.

Bilan contrasté

« Cela forcera les républicains à dévoiler leur jeu » sur ces questions de santé, estime l’analyste politique Donald Nieman à l’AFP. Selon lui, le sujet est leur point faible « depuis quinze ans ».

Pour le moment à droite, on se réjouit d’une réussite politique : de faibles concessions en échange de la fin du « shutdown » et des dissensions internes largement évitées.

Politiquement, le bilan est plus contrasté. Dans la plupart des sondages, les Américains interrogés sont plus nombreux à faire porter la responsabilité de la paralysie budgétaire au parti au pouvoir qu’à l’opposition.

« Dans un an, personne ne votera avec le “shutdown” à l’esprit. Mais ils voteront sur le coût de la vie », souligne le consultant politique Andrew Koneschusky, ancien conseiller presse du chef démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Le blocage a créé « un vrai risque politique pour les républicains et donné une dynamique aux démocrates sur une question centrale », estime-t-il.

Donald Trump de son côté ressort du combat budgétaire avec l’image d’un président qui — dans les grandes lignes — ne bouge pas de sa position. Le milliardaire est globalement resté au-dessus de la mêlée au Congrès, et nargue aujourd’hui ses opposants.

« Il pensait pouvoir briser les républicains, et ce sont les républicains qui l’ont brisé », a-t-il déclaré lundi sur Fox News, à propos de Chuck Schumer.

Bis repetita ?

Mais l’affrontement laisse le président de 79 ans avec une plaie béante : malgré ses récriminations de longue date contre « Obamacare » et ses promesses de créer un meilleur système d’assurance santé, il n’a toujours aucun projet établi sur la question.

Les enquêtes d’opinion montrent que son taux d’approbation est au plus bas depuis le début de son second mandat en janvier, avec une chute de cinq points ces deux dernières semaines selon DDHQ, à près de 42 %.

Les Américains exècrent les « shutdowns ». Et avec plus d’un million de fonctionnaires privés de salaire pendant six semaines, des aides sociales gelées et un trafic aérien fortement perturbé, le dernier en date a servi de piqûre de rappel douloureuse.

Les États-Unis pourraient pourtant bien connaître un bis repetita dans quelques semaines, puisque l’accord budgétaire adopté mercredi ne prévoit de financer l’État que jusqu’au 30 janvier. Sans nouvel accord, un nouveau « shutdown » se produirait.

« Alors qui a gagné ? Personne », avance jeudi le média Punchbowl News, spécialisé dans les affaires du Congrès américain.

« Ce “shutdown” record aura été mauvais pour le pays, mauvais pour l’économie et particulièrement mauvais pour le Congrès en tant qu’institution », résume-t-il.

© Agence France-Presse

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