Une proposition de loi a été déposée, vendredi 14 novembre 2025, par quinze députés, visant à suspendre pendant cinq ans le remboursement de la dette publique, tant intérieure qu’extérieure, afin de rediriger ces ressources vers un « Fonds souverain populaire » destiné à financer des investissements stratégiques et prioritaires pour le pays.
Rediriger la dette vers l’avenir du pays
Selon le texte du projet, la suspension du remboursement concernerait toutes les dettes de l’État, y compris les dettes à court terme, et serait mise en œuvre par un ordre gouvernemental dans les trente jours suivant la promulgation de la loi. Les sommes ainsi libérées seraient intégralement versées dans le nouveau fonds, sous la supervision de la présidence de la République.
Le fonds aurait pour mission de financer des projets d’intérêt national, notamment dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de l’énergie, des industries de transformation et des initiatives collectives locales. Il pourrait également créer une banque publique pour le financement de projets d’investissement stratégique, avec des critères de transparence, de création d’emplois et de développement régional.
Le projet prévoit un mécanisme de contrôle strict, incluant la surveillance par la Cour des comptes, le suivi parlementaire et la publication annuelle des résultats ainsi que des investissements réalisés.
Les députés défient l’exécutif sur la renégociation de la dette
Selon l’un des initiateurs, Ahmed Saidani, l’objectif est de protéger les finances publiques tout en donnant la priorité à la souveraineté nationale et au développement socio-économique du pays : « Les dettes ne doivent pas se rembourser au détriment des écoles, des hôpitaux et du bien-être de notre peuple. Il est temps de dire stop », a-t-il déclaré.
Il a également averti qu’une convention ou un traité ne peut être modifié par une simple disposition dans une loi fondamentale. « Si cette loi était adoptée, l’État serait contraint de renégocier ses traités et accords sur la dette, et il reste à voir si les partenaires de la Tunisie accepteraient une telle renégociation ».
Avec ce texte de loi, les députés renvoient désormais la balle à l’exécutif, laissant au chef de l’État le soin de transformer son leitmotiv de souveraineté et sa reconnaissance de la pénibilité de la dette en décisions concrètes.

Cette initiative controversée pourrait entraîner une renégociation des accords de dettes avec les créanciers internationaux, et ouvre le débat sur la capacité de l’État tunisien à concilier obligations financières et développement stratégique
S.H















3 commentaires
Mehdi
Très bonne idée.
Faire défaut sur la dette = exclusion de la Tunisie des marchés de financement internationaux et fort retrait des investissements = effondrement du dinar, baisse des capacités financières de l’Etat, explosion du coût des importations = effondrement du pouvoir d’achat et du niveau de vie, faillites d’entreprises, hausse du chômage, pénuries, incapacité à financer le régime social.
Bravo !
Gg
Attention… Ne plus payer les crédits est une cessation de paiement. Une faillite d’état.
Au minimum, il faut se mettre d’accord sur un modus vivendi avec les bailleurs de fonds, sinon c’est la perte de confiance, la chute de la monnaie et la fin de la souveraineté du pays.
Raouf M
Les dépités du peuple ne savent plus où donner de la tête, quand la partie de chkobba ne tourne pas en notre faveur, parce qu’on ne sait tout simplement pas jouer, on renverse la table et on accuse l’adversaire de tricheur …… en d’autres mots, c’est ça défier ses créanciers et espérer une renégociation des contrats