L’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, sœur du prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek, a publié, lundi 17 novembre 2025, un post Facebook dans lequel elle décrit une nouvelle détérioration de la situation médicale de son frère, actuellement en grève de la faim.
Une dégradation inquiétante de l’état de santé
Dans son message, elle rapporte qu’elle a pu lui rendre visite après son retour de l’hôpital vers la prison de Belli. Elle affirme que son état s’est fortement aggravé la veille au matin, nécessitant un transfert urgent à l’hôpital, où il est resté jusqu’à une heure avancée de la nuit. Selon elle, son état de santé se détériore « jour après jour », malgré sa détermination à poursuivre sa grève de la faim.
La veille, dimanche 16 novembre 2025, Dalila Ben Mbarek Msaddek avait déjà alerté sur le transfert de son frère à l’hôpital universitaire de Nabeul, où il avait été admis au service des maladies internes.
La famille, présente sur place, n’avait alors obtenu aucune information précise sur son état de santé.
Violences alléguées et enquêtes ouvertes
Plus tôt dans la semaine, le prisonnier politique avait été transféré en urgence à l’hôpital après des analyses révélant la présence d’une substance toxique au niveau des reins, signe d’un début de rhabdomyolyse provoqué par une déshydratation sévère.
Malgré une prise en charge médicale, il aurait refusé tout apport nutritif et présenterait des symptômes graves : incapacité à marcher, troubles du langage, insomnies et perte rapide de poids. Son avocate aurait toutefois réussi à le convaincre de boire au moins un litre d’eau par jour.
Une enquête a été ouverte après que sa défense a affirmé que Jaouhar Ben Mbarek avait été violemment agressé à la prison de Belli par des détenus et des agents. Transféré à l’hôpital régional de Nabeul, il aurait subi des examens confirmant des contusions et des traces de coups. Un médecin, alerté en raison d’une suspicion de torture, aurait ordonné son hospitalisation.
Une enquête administrative a également été lancée. De son côté, la défense dénonce des pressions exercées sur les avocats, certains étant visés par une instruction judiciaire, tandis que l’Ordre des avocats proteste contre les restrictions imposées aux visites.
Démentis officiels et polémique politique
L’administration pénitentiaire, pour sa part, nie l’ensemble de ces accusations. Elle conteste notamment l’existence d’une grève de la faim et affirme assurer un suivi médical régulier des détenus.
Lors de la séance plénière du 15 novembre 2025 consacrée au budget de la Justice, la ministre Leïla Jaffel a adopté un ton ferme, parfois ironique, face aux députés l’interrogeant sur les grèves de la faim des prisonniers politiques.
Elle a nié l’existence de grèves « sauvages » et dénoncé ce qu’elle qualifie de « campagne infondée » sur les réseaux sociaux, affirmant que les détenus continuent de se nourrir, parfois « moitié moitié ».
La ministre a ajouté que ces mouvements demeurent encadrés médicalement, tout en rappelant que les détenus ont le droit de refuser ce suivi. Elle a également minimisé leur impact sur les procédures judiciaires, accusant ses détracteurs de nuire au pays sans obtenir de résultats.

I.N.












