Le Nigeria discute de coopération sécuritaire avec les États-Unis qui ont récemment menacé d’intervenir militairement dans le pays, le président Donald Trump y dénonçant des « meurtres de chrétiens » perpétrés par des « terroristes islamistes », a indiqué à l’AFP le ministre nigérian des Affaires étrangères.
« Nous discutons actuellement de la manière dont nous pouvons collaborer pour relever les défis sécuritaires qui concernent l’ensemble de la planète », a déclaré Yusuf Tuggar lors d’une interview à Abuja.
Au début du mois, M. Trump a affirmé avoir demandé au Pentagone d’élaborer un plan d’attaque potentiel contre le pays le plus peuplé d’Afrique, car les islamistes radicaux y « tuent les chrétiens et les tuent en très grand nombre ».
Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait que Washington allait frapper le Nigeria, M. Tuggar a répondu : « Non, je ne pense pas. »
« Parce que nous continuons à discuter et, comme je l’ai dit, les discussions ont progressé. Nous avons dépassé ce stade » des menaces, a-t-il confié à l’AFP.
Le dirigeant américain avait déclaré que le christianisme était « confronté à une menace existentielle » dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, ajoutant que si le Nigeria ne mettait pas fin aux massacres, les États-Unis attaqueraient et « ce serait rapide, violent et efficace ».
Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec 230 millions d’habitants, est divisé à parts à peu près égales entre un sud majoritairement chrétien et un nord majoritairement musulman.
Il est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction.
Dans le nord-est, l’insurrection jihadiste menée par Boko Haram (active depuis 2009) et sa faction dissidente de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) a fait plus de 40.000 morts et forcé plus de deux millions de personnes à fuir, selon les Nations unies.
© Agence France-Presse










