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COP30 : les données confirment la faible empreinte carbone de l’Afrique

Dans le cadre de la COP30, un ensemble de chiffres circule largement pour illustrer l’injustice climatique subie par l’Afrique : « 40 % des ressources renouvelables mondiales, 17 % des forêts, moins de 12 % des financements climatiques reçus, moins de 4 % des émissions mondiales ». Ces chiffres visent à mettre en lumière le décalage entre responsabilité et vulnérabilité, mais ils nécessitent d’être vérifiés et nuancés. Nous avons mené une recherche approfondie dans les rapports officiels et les bases de données reconnues afin de vérifier chaque donnée et de restituer les précisions indispensables.

L’affirmation selon laquelle l’Afrique possède 17 % des forêts mondiales repose sur des évaluations d’organisations forestières et apparaît factuelle au regard de la part de la surface forestière totale. Les inventaires et analyses de la FAO ainsi que des rapports régionaux indiquent qu’environ 17 % de la surface forestière mondiale se trouve sur le continent africain, tout en soulignant de fortes différences entre forêts primaires, forêts secondaires et autres terres boisées. Ce chiffre décrit une réalité de surface.


La formule « 40 % des ressources renouvelables mondiales » est trompeuse si elle est posée de manière générale, car elle amalgame des notions différentes. Dans le débat public, ce « 40 % » est souvent utilisé pour évoquer le potentiel solaire important du continent ou la disponibilité de certains minerais stratégiques pour la transition énergétique, mais les sources varient selon la définition. L’Agence internationale de l’énergie et d’autres synthèses estiment qu’une part très élevée — parfois jusqu’à 60 % des « meilleurs » gisements solaires mondiaux se trouvent en Afrique, tandis que d’autres documents parlent de parts importantes de certains minerais (ex. 30–40 % pour certains minéraux critiques). Dire « 40 % des ressources renouvelables mondiales » sans préciser s’il s’agit du potentiel solaire, de l’hydroélectricité, des terres arables ou des ressources minérales est donc imprécis et peut induire en erreur.

Enfin, sur la proportion des émissions attribuées à l’Afrique, les estimations de l’Agence internationale de l’énergie et d’autres sources régionales évoquent une part de l’ordre de 3 à 4 % pour le continent en matière d’émissions de CO₂ issues de l’énergie. Il est donc correct, dans le cadre d’une mesure annuelle et territoriale, d’affirmer que l’Afrique pèse autour de 3–4 % des émissions mondiales.

Oui, il est exact sous la méthodologie usuelle des émissions annuelles territoriales contemporaines de dire que l’Afrique n’est responsable que d’environ 3–4 % des émissions mondiales.

R.A.

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