L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a dénoncé, dans un communiqué publié, mardi 18 novembre 2025, l’attitude du ministère de la Santé à l’issue de la réunion tenue le même jour. Selon l’organisation, cette rencontre a révélé « la poursuite d’une politique de désengagement, de tergiversation et de contournement des engagements », ce qui constituerait un retour clair sur l’accord signé le 3 juillet 2025.
Face à cette situation, l’OTJM appelle l’ensemble des étudiants en médecine, les internes et résidents, ainsi que tous les professionnels des hôpitaux et les citoyens, à participer massivement à la manifestation prévue le mercredi 19 novembre 2025 à 10 heures, devant le siège de l’Assemblée des représentants du peuple, afin de revendiquer leurs droits et défendre la santé publique.
L’organisation tient le ministère de la Santé pour entièrement responsable de cette crise, estimant que celui-ci a renié ses engagements. Elle pointe également la responsabilité de l’Ordre des médecins, accusé de ne pas avoir joué son rôle de garant, ainsi que celle des différentes institutions de l’État, accusées de maintenir une politique de blocage portant atteinte à la crédibilité du dialogue social dans le secteur sanitaire.
Lors de la réunion, l’OTJM affirme avoir constaté plusieurs « dépassements flagrants ». Elle dénonce notamment un retour en arrière concernant la hausse spécifique des indemnités mensuelles des jeunes médecins, qui aurait été intégrée dans la hausse générale jugée « faible » et « imposée », vidant ainsi la mesure de son contenu réel. L’organisation critique également le désengagement du ministère concernant le maintien du même lieu d’affectation au logement pour les catégories exceptionnelles durant l’année de service civil, y compris les femmes enceintes ou allaitantes et les médecins souffrant de maladies chroniques. Elle relève enfin la persistance du non-paiement des gardes et heures de permanence des internes et résidents, dont certaines remontent à 2020.
Pour l’OTJM, ces manquements ne constituent plus de simples différends administratifs, mais un « renversement flagrant » d’un accord national conclu il y a plus de quatre mois. L’organisation y voit la preuve d’une incapacité du ministère de la Santé à tenir ses engagements et d’une absence de volonté réelle d’améliorer la situation des jeunes médecins.
Elle réaffirme son engagement total à défendre les droits de ses adhérents et assure qu’elle poursuivra toutes les formes de mobilisation nécessaires pour garantir l’application intégrale et fidèle de l’accord du 3 juillet. L’organisation conclut en estimant que l’« approche irresponsable » du ministère a perturbé le fonctionnement du service public de la santé, alors que les jeunes médecins, souligne-t-elle, s’efforcent de bâtir une médecine accessible et respectueuse de la dignité du citoyen comme des professionnels.
S.H













