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Accidents de la route : une facture nationale de 1,8 milliard de dinars depuis le début de l’année

Par Myriam Ben Zineb

Lors de son intervention, mercredi 19 novembre 2025, sur Mosaïque FM, le commissaire principal Haythem Chaabani, président de la branche du centre-ouest de l’Observatoire national de la sécurité routière relevant du ministère de l’Intérieur, a dressé un état des lieux alarmant de la sinistralité routière en Tunisie et de son coût économique colossal.

Il a rappelé qu’entre le début de l’année et jusqu’au 13 novembre 2025, la Tunisie a enregistré 4539 accidents, en baisse de 10,5%. Ces accidents ont toutefois causé 1052 morts, soit 36 de plus que l’année précédente, ainsi que 6039 blessés, un recul de 838 cas. En moyenne, le pays déplore quatorze accidents, trois morts et 19 blessés par jour.

Si l’impact humain reste au cœur de la problématique, l’intervenant a souligné que les répercussions dépassent largement la tragédie familiale. Chaque accident mobilise des moyens de secours, pèse sur les hôpitaux, entraîne des réparations d’infrastructures, des indemnités d’assurance et même des pertes de productivité pour les personnes décédées ou durablement handicapées. Ces effets directs et indirects représentent, selon les estimations adoptées à l’échelle internationale, une charge massive pour l’économie nationale.

Les calculs reposent sur les standards du programme mondial d’évaluation des routes et les données de l’Organisation mondiale de la santé. Sur cette base, la mort d’une seule personne dans un accident représente un coût moyen de 815.000 dinars, tandis qu’un blessé coûte environ 204.000 dinars. Un accident combinant un décès et un blessé revient ainsi à plus d’un million de dinars.

En 2024, la facture totale s’était déjà élevée à près de 2,6 milliards, soit 1,7% du PIB. Pour l’année 2025, les estimations montent à 2,1 milliards dont 1,8 milliard déjà supportés par la collectivité au 13 novembre.

Haythem Chaabani a rappelé que le coût annuel des accidents de la route, en se basant sur les moyennes des quinze dernières années, avoisine les 3 milliards avec un coût quotidien de six millions de dinars, un niveau jugé impossible à abaisser sans réformes profondes. Il a évoqué, à ce titre, les propositions en discussion, qu’il s’agisse de l’actualisation du Code de la route, du renforcement des mécanismes de dissuasion ou de la révision des textes encadrant la conduite sous l’emprise de l’alcool.

Selon les études évoquées par M. Chaabani, un investissement annuel équivalent à 0,1% du PIB, soit environ 150 millions de dinars, dans l’amélioration ciblée de l’infrastructure routière permettrait de réduire de moitié le nombre de morts en dix ans.

Le responsable a conclu en appelant à une politique pénale renouvelée, à une meilleure application de la loi et à une modernisation urgente des outils de prévention pour enrayer une hémorragie humaine et économique qui continue de peser lourdement sur le pays.

M.B.Z

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Commentaire

  1. karouislouma

    19 novembre 2025 | 15h00

    Si j’ai bien compris, quand on meurt dans un accident de la route on vaut 815 milles dinars🤣🤣 si on coûte si cher en décédant pourquoi ne pas donner à chaque tunisien même 10 milles dinars sa vie durant. Ces chiffres me font vraiment marrer et cache un mic mac rodé et un business très florissant de ces établissements et instituts publics