L’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, sœur du prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek, a alerté mercredi 19 novembre 2025, sur une nouvelle détérioration de la santé de son frère, actuellement en grève de la faim.
Dans un post publié sur Facebook, elle écrit : « Après la visite des avocats aujourd’hui, nous avons appris qu’il a été transféré hier pour la cinquième fois consécutive à l’hôpital de Nabeul, avant d’être ramené à sa cellule… Jaouhar poursuit sa grève et refuse de l’interrompre malgré 22 jours écoulés depuis son début. Il ne consomme que de l’eau, sans sucre ni aucun apport nutritif. Son corps est épuisé, mais il fait preuve d’un courage immense… Sa détermination et son obstination m’inquiètent et m’épuisent… mais elles me fascinent aussi… ».

Violences et pressions : une enquête en cours
Plus tôt cette semaine, Jaouhar Ben Mbarek avait été hospitalisé en urgence après que des analyses ont révélé la présence d’une substance toxique au niveau des reins, signe d’un début de rhabdomyolyse liée à une déshydratation sévère. Malgré la prise en charge médicale, il aurait refusé tout apport nutritif, présentant des symptômes inquiétants : incapacité à marcher, troubles du langage, insomnies et perte rapide de poids. Son avocate a néanmoins réussi à le convaincre de boire au moins un litre d’eau par jour.
Une enquête a été ouverte après que sa défense a affirmé que le détenu avait été violemment agressé à la prison de Belli, par des codétenus et des agents. Lors de son transfert à l’hôpital régional de Nabeul, des examens auraient confirmé la présence de contusions et de traces de coups. Un médecin, alerté par la suspicion de torture, aurait prescrit son hospitalisation. Une enquête administrative a également été lancée.
La défense dénonce, par ailleurs, des pressions exercées sur les avocats, certains faisant l’objet d’instructions judiciaires. L’Ordre des avocats a protesté contre les restrictions imposées aux visites.
Le déni officiel : la ministre face aux grèves de la faim
De son côté, l’administration pénitentiaire nie l’ensemble des accusations, contestant notamment l’existence d’une grève de la faim et assurant un suivi médical régulier des détenus.
Lors de la séance plénière du 15 novembre 2025 consacrée au budget de la Justice, la ministre Leïla Jaffel a adopté un ton ferme, parfois ironique, face aux députés s’interrogeant sur les grèves de la faim des prisonniers politiques. Elle a nié l’existence de grèves « sauvages » et dénoncé une « campagne infondée » sur les réseaux sociaux, affirmant que les détenus continuent de se nourrir, parfois « moitié-moitié ». La ministre a précisé que ces mouvements restent encadrés médicalement et que les détenus ont le droit de refuser ce suivi. Elle a également minimisé leur impact sur les procédures judiciaires, accusant ses détracteurs de nuire au pays sans résultats tangibles.
I.N.















Commentaire
Citoyen_H
DOMMAGE POUR LUI,
il est en train de se ruiner ses organes vitaux sans que cela, ne lui rapporte absolument rien, ni à court terme, ni à moyen ou long terme !