Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

SNJT : nous avons défendu tous les secteurs, sauf le nôtre

Par Nadya Jennene

La membre du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Jihene Louati, a tiré la sonnette d’alarme, jeudi 20 novembre 2025, quant à la dégradation inquiétante de la situation de la presse et des médias en Tunisie. Invitée de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, elle a estimé qu’une grève générale dans le secteur apparaît désormais « inévitable », compte tenu du climat actuel.

La syndicaliste a souligné l’absence totale de négociations sociales, l’immobilisme autour de l’amendement du décret 54, les difficultés chroniques des médias publics ainsi que l’érosion progressive de la dignité professionnelle des journalistes.

« J’ai honte de me tenir devant un micro pour dire aux citoyens qu’il existe des journalistes qui n’ont pas de quoi acheter du lait pour leurs enfants », a-t-elle lancé.

Jihene Louati a rappelé que la liberté d’expression constitue un acquis fondamental : « C’est un droit que nous ne céderons jamais. » « Nous revendiquons un contenu médiatique de qualité, et cela est impossible sans accès à l’information et sans la dignité de ceux qui produisent ce contenu », a-t-elle ajouté. 

Abordant ensuite la question des cartes professionnelles, elle a insisté sur le caractère identitaire de ce document, véritable reconnaissance officielle du statut de journaliste. Elle a souligné que la commission chargée de délivrer les cartes aurait pu, à défaut de nouvelle procédure, prolonger celles émises l’année précédente. L’absence de décision, selon elle, a engendré une situation problématique constituant désormais un frein majeur au fonctionnement normal du secteur, d’où l’exigence pressante de régulariser leur délivrance.

Mme Louati a, par ailleurs, rappelé que le secteur médiatique demeure le seul « à n’avoir jamais été réellement défendu » depuis la révolution. « Nous avons défendu tous les secteurs, sauf le nôtre. Il est temps désormais de protéger les médias. Nous ne pouvons prétendre à un paysage politique démocratique sans reconnaître la place et le pouvoir essentiels que représentent les médias », a-t-elle conclu.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé, le 15 novembre 2025, à une mobilisation nationale des journalistes, médias, organisations de défense des droits humains et acteurs de la société civile, prévue le 20 novembre à la place de la Kasbah et dans les régions. Cette action vise à réaffirmer l’unité de la profession et à défendre la liberté de la presse face aux pressions croissantes exercées par le pouvoir exécutif.

Le syndicat a alerté sur une crise sans précédent touchant l’ensemble du secteur : blocage de l’accès à la carte de presse 2025 pour plus de 2 000 journalistes, restrictions imposées aux correspondants étrangers depuis septembre, précarité accrue dans les médias publics et privés, retards de salaires, absence de contrats légaux et non-affiliation sociale. Les révisions statutaires des médias publics — Radio, Télévision nationales et TAP — demeurent gelées depuis janvier 2024, fragilisant leur indépendance.

Il a dénoncé également l’usage abusif du décret 54 pour poursuivre des journalistes, ainsi que la suspension ou le harcèlement de sites indépendants, tels que NawatInkyfadaAl Qatiba ou Legal Agenda.

Face à cette situation, le syndicat a réclamé l’activation urgente des mécanismes institutionnels, la libération des journalistes détenus et la réouverture des médias suspendus, réaffirmant son engagement pour une presse libre et indépendante.

N.J

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés