Le tribunal de première instance de Gabès a annoncé, jeudi 20 novembre 2025, le report du dossier en référé intenté pour suspendre l’activité des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT). À l’issue de la troisième audience, le dossier a été mis en délibéré, avec un prononcé du jugement fixé au 4 décembre prochain.
Selon le président de la section régionale de l’Ordre des avocats à Gabès, Mounir Adouni, la décision a été prise après la fin des plaidoiries. Il a exprimé, dans une déclaration à la Tap, l’espoir que la justice « rende enfin droit à la région » et réponde aux attentes des habitants confrontés depuis des années aux nuisances du complexe industriel.
Une région à bout face à la pollution
En parallèle, une manifestation s’est tenue devant le tribunal. Habitants et militants associatifs se sont rassemblés pour rappeler l’urgence sanitaire qu’ils imputent aux unités industrielles du complexe de Gabès. Plusieurs cas d’étouffement auraient d’ailleurs été signalés dans la zone de Chatt Essalem au moment même de l’audience, selon les protestataires.
Les manifestants ont réitéré leur exigence d’une suspension immédiate des activités polluantes, soulignant la responsabilité de l’État dans ce dossier, puisque les unités concernées relèvent d’un établissement public.
Un dossier accablant pour le complexe chimique
L’affaire, examinée en procédure de référé, porte sur plusieurs unités du complexe chimique de Gabès, accusées de générer une pollution sévère affectant directement la santé des habitants et l’écosystème local. Les plaignants pointent des rejets considérés comme toxiques et un non-respect des normes environnementales, estimant indispensable une intervention rapide de la justice pour stopper les activités incriminées et éviter de nouveaux risques pour la population.
L’affaire avait déjà été examinée après un premier report demandé par la défense du GCT, qui cherchait à soustraire le dossier au juge du provisoire.
Le collectif de plaignants, représenté par Mehdi Talmoudi, continue d’estimer que le juge des référés est le seul compétent pour répondre à l’urgence mise en avant.
Des preuves médicales qui alarment la justice
Le dossier repose notamment sur 300 certificats médicaux, dont trente ont été versés au tribunal. Parmi eux figurent des cas d’asphyxie et de troubles neurologiques observés chez plusieurs élèves de la région, décrits comme particulièrement inquiétants.
Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a, de son côté, été invité à fournir un rapport détaillé sur la situation des unités concernées.
Les habitants du Sud espèrent que le jugement tranchera en faveur d’une suspension des activités litigieuses, invoquant une urgence sanitaire et environnementale désormais largement documentée.
M.B.Z













