La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) s’est alignée sans la moindre ambiguïté, jeudi 20 novembre 2025, derrière la mobilisation nationale organisée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). Dans un communiqué ferme, l’organisation a exprimé un soutien « total et inconditionnel » au mouvement, tout en alertant sur une dérive « grave et inédite » de la liberté de la presse en Tunisie.
La LTDH affirme suivre avec une « profonde inquiétude » la multiplication des violations visant le secteur : privation de la carte professionnelle pour plus de 2.000 journalistes, refus d’autorisation pour la presse internationale, précarité institutionnelle dans les rédactions publiques, fragilité sociale dans le privé et obstacles empêchant les journalistes indépendants d’accéder au statut de l’auto-entrepreneur.
Elle dénonce également l’usage croissant du décret 54, considéré comme une menace directe pour la liberté d’expression, et rappelle que le décret 115 demeure le seul cadre légal conforme aux normes internationales.
L’organisation va plus loin en condamnant la suspension de Nawaat et Inkyfada, ainsi que les pressions exercées sur Al Qatiba et Legal Agenda, qu’elle qualifie de « mesures ciblant directement le droit à l’information et la liberté associative ». Elle demande la levée immédiate de ces décisions et la fin de « l’instrumentalisation judiciaire et sécuritaire » contre les médias indépendants.
Dans son communiqué, la LTDH formule sept demandes claires : accélérer l’installation de la commission indépendante de la carte de journaliste professionnel, renouveler les autorisations de la presse internationale, activer les réformes des médias publics, garantir l’accès des journalistes indépendants au régime de l’auto-entrepreneur, libérer les journalistes détenus, mettre fin aux poursuites hors du cadre du décret 115 et lever les suspensions visant les médias indépendants.
La matinée du 20 novembre a été marquée par une mobilisation dense à la Kasbah, à l’appel du SNJT. Journalistes, photo-reporters, techniciens et militants y ont dénoncé la crise profonde que traverse le secteur : absence de cartes professionnelles 2025, restrictions administratives, précarité généralisée, gel des réformes dans les médias publics et multiplication des poursuites sur la base du décret 54.
Les slogans scandés – « Le journalisme n’est pas un crime », « Dehors le décret 54 », « Quand on ferme les portes à la presse, on enferme les esprits dans des cages » – ont rappelé les revendications centrales : libération des journalistes détenus, réouverture des médias suspendus et garantie d’un environnement médiatique libre et pluraliste.
M.B.Z










