Le coordinateur des ouvriers des chantiers régionaux et agricoles à Tataouine, Jamel Zammouri, est revenu, vendredi 21 novembre 2025, sur la publication du décret modifiant le mécanisme d’emploi des travailleurs exerçant dans ces programmes publics.
Paru jeudi au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), ce texte révise le décret gouvernemental n°436 de 2021 et introduit plusieurs ajustements destinés à mieux encadrer ce dispositif, régulièrement critiqué pour ses zones d’ombre administratives et la précarité structurelle qu’il entretient.
S’exprimant au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh el Ward sur Jawhara FM, Jamel Zammouri a salué certaines des avancées contenues dans la nouvelle version du décret.
Il a notamment mis en avant l’instauration d’une pension de retraite équivalente au SMIG — soit environ 500 dinars — ainsi que l’attribution d’une carte de soins gratuits, deux revendications de longue date portées par les ouvriers.
Ces mesures, a-t-il souligné, constituent un premier pas vers une forme de reconnaissance sociale et institutionnelle pour des milliers de travailleurs restés durant des années en marge de toute protection réelle.
Il s’est également félicité du calendrier annoncé pour la titularisation progressive des ouvriers, prévue en trois tranches à partir de 2025. Ce processus de régularisation, souvent repoussé et encore entouré de nombreuses interrogations, représente pour nombre d’entre eux une perspective d’intégration durable dans la fonction publique et la fin d’une instabilité professionnelle qui fragilise leurs conditions de vie.
Toutefois, au-delà de ces avancées, Jamel Zammouri a rappelé l’ampleur des difficultés auxquelles continuent de faire face les ouvriers de chantiers. La plupart travaillent dans des conditions pénibles, pour des rémunérations dérisoires qui ne suffisent pas à couvrir les besoins essentiels de leurs familles.
Ce mécanisme, mis en place pour absorber le chômage et soutenir les régions défavorisées, s’est au fil du temps transformé en un système de main-d’œuvre précaire, où l’incertitude salariale, l’absence de droits sociaux et l’exploitation politique demeurent monnaie courante. Des milliers d’ouvriers, souvent dispersés dans les zones rurales ou les périphéries urbaines, vivent toujours dans une situation d’extrême vulnérabilité, en dépit des promesses de réforme.
Concernant le nombre de bénéficiaires potentiels des nouvelles mesures, Zammouri a apporté une précision importante : ils seraient environ dix mille, un chiffre nettement inférieur aux 18.000 annoncés en 2020.
N.J










