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Allié hors OTAN — Mohsen Marzouk : la Tunisie a obtenu en 2015 ce que Riyad vient d’acquérir, sans payer le prix

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, l’homme politique Mohsen Marzouk a établi un parallèle entre les récentes avancées diplomatiques de l’Arabie saoudite et l’obtention par la Tunisie, en 2015, du statut d’allié majeur hors OTAN auprès des États-Unis.

Dans son message publié sur Facebook, vendredi 21 novembre 2025,  il a d’abord commenté l’annonce selon laquelle l’Arabie saoudite investirait mille milliards de dollars aux États-Unis, une initiative inscrite, selon lui, dans une logique stratégique parfaitement maîtrisée par Riyad. En contrepartie, le royaume a notamment obtenu le statut d’allié majeur non-membre de l’OTAN, un privilège accordé par Washington à un cercle limité de partenaires jugés essentiels à sa sécurité.

Marzouk a souligné que cet accord, présenté par les responsables saoudiens comme un succès diplomatique de premier plan, est effectivement perçu comme tel par les analystes des relations internationales, en raison des avantages politiques, militaires et économiques qu’il confère.

Revenant sur son expérience politique, Mohsen Marzouk a rappelé que la Tunisie avait obtenu la même désignation en 2015, lors d’une visite officielle aux États-Unis, sans avoir engagé le moindre investissement ni concédé de contrepartie stratégique. Il a qualifié cette réalisation d’« acquis majeur » obtenu en l’espace de six mois d’exercice du pouvoir.

« Nous sommes allés aux États-Unis, nous n’avons dépensé même pas un millime, nous n’avons rien concédé, et pourtant nous avons obtenu le statut d’allié hors OTAN », a-t-il noté. 

Selon lui, cette avancée avait pourtant déclenché, à l’époque, une campagne de dénigrement alimentée, entre autres, par un État étranger qui ne souhaitait pas voir la Tunisie tisser des alliances fortes susceptibles de réduire son influence sur le pays. 

« Une campagne a été menée, en particulier par un État qui ne voulait pas que la Tunisie ait des alliés forts, afin de pouvoir la dominer », a-t-il écrit. 

Marzouk a dit regretter que certains acteurs tunisiens avaient adopté la même position critique, « soit par incompréhension des enjeux, soit par opportunisme ».

Le politicien a laissé ainsi, entendre, que cet épisode illustrait avant tout la difficulté, dans le contexte politique tunisien, de faire reconnaître la valeur d’une réussite diplomatique majeure lorsque celle-ci contrarie des intérêts régionaux ou s’inscrit à contre-courant des dynamiques d’influence traditionnelles.

N.J

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5 commentaires

  1. Conflict Zone T ;)

    22 novembre 2025 | 14h42

    Et Tim Sebastien a obtenu quoi déjà en 2015 comme aveux trempés des dégoulinantes zone T en Conflict Zone de certains …;) ?

  2. Rationnel

    21 novembre 2025 | 14h11

    Est-ce que la Tunisie a besoin d’être un allié non-membre de l’OTAN ? Que confère ce privilège ? Si l’OTAN ne peut rien faire pour l’Ukraine en cas de problèmes, que peut-elle faire pour la Tunisie ? La Turquie est membre de l’OTAN, mais cet organisme n’est pas venu à l’aide de ce pays.
    L’Arabie saoudite est dans une situation différente de celle de la Tunisie ; c’est un pays condamné à disparaître après la fin de l’ère du pétrole. Ce pays est convoité par trois empires émergents : l’empire perse, l’empire neo-ottoman et l’empire israélien. Il a donc peu de chances de continuer dans le nouvel ordre mondial des États-civilisations.
    L’Arabie saoudite a gaspillé ses richesses sur des projets sans rendement comme le fameux « The Line ». Le pays accuse un déficit budgétaire important de 5,3 %. Pourquoi un pays qui a besoin d’emprunter va-t-il investir pour plus d’un trillion aux USA ? Que va faire ce pays quand le prix du pétrole continue de descendre avec la chute de la demande ?

    • taraji

      25 novembre 2025 | 19h59

      L’Arabie saoudite n’est pas « alliée depuis 2025 ».
      Elle est alliée des États-Unis depuis le pacte de Quincy en 1945, quand le roi Abdelaziz a rencontré Roosevelt sur le navire USS Quincy. Cet accord fondateur a établi un partenariat stratégique : sécurité américaine contre pétrole saoudien.

      Depuis cette date, tous les présidents américains, à partir de Nixon, ont soit visité l’Arabie saoudite, soit reçu les dirigeants saoudiens, ce qui prouve la continuité et la profondeur de l’alliance. Carter, Reagan, Bush père et fils, Clinton, Obama, Trump et Biden ont tous maintenu cette relation.

      Dire que Riyad est « alliée depuis 2025 » est factuellement faux.
      L’alliance est historique, stratégique et ininterrompue depuis 80 ans.

  3. HatemC

    21 novembre 2025 | 12h49

    Je ne supporte pas ce genre de fanfaronnade …
    Plusieurs éléments rendent en effet la prise de parole de MM mal ajustée sur le plan comparatif.
    Rappeler 2015 en miroir de Riyad 2025 relève davantage de l’ego politique que de l’analyse géopolitique.

    Mettre sur le même plan :
    L’Arabie saoudite, puissance énergétique mondiale, pilier géopolitique du Golfe, acteur clé de la sécurité américaine au Moyen-Orient,
    et
    La Tunisie, petit pays à faible poids stratégique, dépendant de l’aide internationale,
    … n’a objectivement aucun sens.
    Oui, Alger n’a jamais voulu que la Tunisie se rapproche stratégiquement de Washington — c’est un fait régional sans importance … l’Algérie gesticule aboie pour exister ….

  4. Ali Chandoul

    21 novembre 2025 | 11h23

    Selon la constitution tunisienne, la Tunisie, en tant que pays non-aligné, interdit toute alliance avec des blocs militaires. Toute entorse à ce principe fondamental serait considérée comme une trahison envers le peuple.