L’avocat et figure de l’opposition, Ridha Belhaj, détenu à la prison de Siliana dans le cadre de l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, a fait savoir qu’il assisterait à l’audience prévue le 27 novembre 2025. L’annonce intervient à la suite d’une visite effectuée, vendredi 21 novembre 2025, en prison par son collègue, Abdorrahman Hassen Chouchane.
Selon ce dernier, Ridha Belhaj a découvert que les messages qu’il avait adressés depuis sa cellule à la Cour, pour expliquer son refus de comparaître à distance, n’avaient pas été transmis aux juges par l’administration pénitentiaire. Cette défaillance l’a conduit à revoir sa position et à décider d’être présent physiquement, afin, dit-il, de « démentir le récit du régime » et de réfuter « les accusations montées de toutes pièces » visant les détenus politiques.
Ridha Belhaj a informé la direction de la prison de sa décision et appelle ses confrères à une présence massive lors de cette audience pour soutenir l’ensemble des prévenus.

Fin de grève de la faim et affirmation de son engagement
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la fin de sa grève de la faim. Dans une lettre datée du 19 novembre 2025, rendue publique par son comité de défense, Ridha Belhaj a annoncé avoir mis un terme à son jeûne protestataire.
Il a souligné qu’il ne s’agit « ni d’un signe de faiblesse ni d’un recul », mais d’un choix destiné à préserver ses forces pour mener son combat en faveur de la dignité, des droits et des libertés en Tunisie.
« J’ai mis fin à ma grève de la faim, mais je n’ai pas levé ma volonté ni mon engagement. Notre lutte contre l’injustice continue », a-t-il écrit.
Il rappelle que le combat dépasse la dimension physique et porte désormais sur les principes et la défense des droits fondamentaux : « Nous n’avons jamais baissé les bras, et nous ne le ferons pas tant que le pays sera confronté à l’injustice ».
Un contexte de critiques judiciaires répétées
La nouvelle prise de position quant à la présence au procès prolonge une précédente lettre publiée le 14 novembre 2025, dans laquelle Ridha Belhaj dénonçait un appareil judiciaire « traversant ses pires moments depuis l’indépendance ».
Il y fustigeait les procès à distance, la dissimulation de témoins et ce qu’il considère comme une atteinte aux droits fondamentaux des accusés.
Selon lui, les garanties essentielles de la justice moderne, présence du prévenu, publicité des audiences, droits de la défense, droit à la confrontation, sont aujourd’hui « piétinées » en Tunisie. Il évoquait aussi une politique de maltraitance visant à affaiblir les détenus d’opinion et à dissuader les forces sociales et civiles.
Appel à la mobilisation du 22 novembre
Dans cette dernière lettre, Ridha Belhaj appelle les citoyens à participer massivement à la marche prévue samedi 22 novembre 2025. Il la décrit comme « une étape supplémentaire dans un chemin que le pouvoir ne souhaite pas que nous empruntions… mais que nous suivrons ».
Il conclut en rappelant que la voix de la justice et de la liberté demeure plus forte que toutes les contraintes : « Que votre présence soit notre message le plus fort : n’ayons pas peur, ne reculons pas ».
M.B.Z











