Dans une scène digne d’un mauvais film d’auteur — ceux où il ne se passe rien pendant de longues minutes mais où tout le monde prétend qu’il se passe « énormément de choses » — le député Chokri Bahri a offert, vendredi 21 novembre 2025, un moment d’anthologie lors de la séance consacrée au ministère des Affaires culturelles.
Tout commence lorsqu’il demande la parole. La salle se prépare à l’entendre — certains remettent même leurs écouteurs, c’est dire. Mais une fois le micro allumé, rien. Pas un mot. Le député reste immobile, le regard fixe, l’expression fermée, comme figé dans une contemplation profonde ou un jeu d’acteur particulièrement minimaliste.
La caméra, fidèle à son instinct de chasseuse de moments gênants, zoome patiemment sur son visage. On y voit tout : la mâchoire crispée, les yeux qui ne cillent pas, la posture étudiée. Une minute entière de silence.
Puis, sans prévenir, Chokri Bahri se lève. Toujours sans dire un mot. Il ramasse ses affaires, contourne son micro comme s’il venait d’achever une performance artistique, et quitte l’hémicycle sous les regards interloqués. Qu’a-t-il apporté au débat ? Absolument rien. Ou alors, peut-être, une démonstration involontaire de ses talents d’acteur — lui qui, rappelons-le, a une formation dans le théâtre.
Ce n’est qu’après coup, sur les réseaux sociaux, que le député a livré sa « clé de lecture » : « Il ne me restait plus rien à dire… la parole est fatiguée de la parole », écrit-il. Il assure qu’il ne s’agissait ni d’une fuite ni d’un signe de lassitude, mais d’un « acte de respect » envers un secteur culturel et artistique qu’il considère au bord du gouffre. « Le silence était un message… le reste n’est que bavardage », ajoute-t-il, sans préciser si le message a effectivement été reçu par quelqu’un.
Relayée immédiatement, la scène — étrange, décalée, parfois franchement hilarante — a enflammé les réseaux sociaux. Les internautes y ont vu tour à tour une performance, une blague, un crash artistique, ou un simple moment de solitude.
Chokri Bahri, lui, savoure visiblement l’effet produit. Il dit espérer que ce silence soigneusement mis en scène au cœur du parlement sera « entendu ».
S.H











2 commentaires
Mhammed Ben Hassine
Oui une façon d’exprimer son mécontent voir désarroi
Prov tun (si la parole est d’argent le silence lui est d’or
Citoyen_H
BON SANG, QUAND EST-CE, MAIS QUAND EST-CE
qu’un dress code sera imposé à l’intérieur de toutes nos institutions, particulièrement pour nos élus et les membres de notre gouvernement.
Payons-leur des conseillers en image et des relookeur.
Il en est de même pour ceux qui occupent un poste à la fonction publique.
Le passage des saltimbanques au pouvoir, symbole ultime de la négligence et du laisser-aller, a complètement anéanti, la prestance, l’élégance et toute l’ambiance qui allait avec, avant leur cauchemardesque déferlement.
Il est grand temps de tourner définitivement la page de la période noire et d’aller de l’avant !
Halte au laxisme, Halte à la dérive, Halte au déclin, Halte au t’gou3ir et à la « chlékisation » de notre NATION.