Les États-Unis ont appelé lundi 24 novembre 2025 l’Union européenne à « rééquilibrer » ses lois régulant le secteur de la tech si elle veut obtenir une baisse des droits de douane américains sur l’acier européen.
« L’Union européenne et ses ministres du Commerce devraient analyser sérieusement leurs règles sur le numérique, pour essayer non pas de les abandonner, mais de trouver un équilibre qui nous convienne, et s’ils y arrivent, je pense que nous pourrons résoudre ensemble les questions sur l’acier et l’aluminium », a expliqué à la presse le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick, à l’issue d’une réunion à Bruxelles.
L’administration Trump est très critique de la régulation exercée par l’UE dans le domaine de la tech, estimant qu’elle s’applique au détriment des champions américains du secteur.
Selon M. Lutnick, revoir ces règles serait dans l’intérêt de l’UE elle-même, car elle encouragerait les géants américains à investir massivement sur le Vieux continent, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, au lieu de les entraver.
« Sept de nos entreprises vont investir chacune 500 milliards de dollars aux États-Unis pour construire des centres de données. Si l’Union européenne réussit à établir des règles numériques équilibrées, je pense qu’elle recevrait 1.000 milliards de dollars d’investissements », soit l’équivalent d’un point et demi de croissance pour l’économie européenne, a fait valoir M. Lutnick.
Parmi les griefs de Washington : le DMA, le puissant règlement européen sur les marchés numériques, qui « fixe des seuils d’application qui souvent ne sont atteints que par des entreprises américaines, et leur mise en oeuvre est assez agressive », avec des amendes « élevées », a souligné Jamieson Greer, représentant américain au Commerce.
Les deux responsables américains étaient à Bruxelles pour faire un point d’étape après la conclusion cet été d’un accord commercial entre les États-Unis et l’Europe.
Interrogé lors d’une conférence de presse sur ces déclarations, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a assuré que les règles européennes n’étaient « pas discriminatoires » et ne « visent pas les entreprises américaines ».
Et un porte-parole de la Commission a souligné que ces règles « ne s’appliquent que dans l’UE, et de manière équitable pour toutes les entreprises, quel que soit leur pays d’origine ».
© Agence France-Presse










