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Violences politiques contre les femmes : Aswat Nissa dénonce une répression systémique

Par Myriam Ben Zineb

L’association Aswat Nissa a réuni, lundi soir, plusieurs militantes et avocates pour une rencontre consacrée aux violences politiques dont sont victimes les femmes. Ce rendez-vous, tenu le 24 novembre 2025, a rassemblé la militante et membre du Front de salut national, Chayma Issa, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, ainsi que l’avocate et membre du comité de défense d’Abir Moussi, Akila Dridi. Toutes ont dressé un même constat : la répression actuelle touche de plein fouet les femmes engagées dans la vie publique.

Dès l’ouverture, les participantes ont rappelé que la lutte féministe est indissociable de la défense des libertés et du soutien à toutes les victimes d’injustice. Les témoignages ont ensuite mis en lumière des situations individuelles, révélatrices d’un climat marqué par l’arbitraire et la criminalisation de l’expression politique.

Des poursuites multiples et un climat d’intimidation

Dalila Ben Mbarek Msaddek a indiqué qu’elle est poursuivie dans quatre affaires en vertu du décret 54, en raison de ses interventions médiatiques sur le dossier du « complot ». L’une des audiences la concernant, liée à un passage télévisé avec Borhen Bsaies, se tiendra demain. Elle a affirmé que l’intimidation ne fera pas taire les voix qui dénoncent les dérives judiciaires et politiques. L’avocate a également relayé un message de son frère, le détenu politique Jaouhar Ben Mbarek, en grève de la faim : plus la société prend conscience de l’autoritarisme et plus les mobilisations s’intensifient, plus sa détermination demeure intacte malgré l’épuisement physique.

Akila Dridi a, pour sa part, décrit la situation d’Abir Moussi, visée par trois mandats de dépôt simultanés dans trois dossiers distincts, dont deux au titre du décret 54 à la suite d’une plainte de l’Isie. Le troisième, relatif au bureau d’ordre de Carthage, est le plus lourd : la présidente du PDL est poursuivie pour « atteinte visant à changer la forme de l’État », après cassation d’une décision de classement.

L’avocate a rappelé que la défense boycotte désormais les chambres pénales et correctionnelles, estimant que les garanties minimales d’un procès équitable ne sont plus réunies. Elle a ajouté que la détention actuelle de sa cliente est dépourvue de base légale, les trois mandats de dépôt étant arrivés à expiration, tout en soulignant qu’Abir Moussi est privée de voir ses filles en raison de son statut de « détenue classée ».

« L’autoritarisme ne protège personne »

L’opposante Chayma Issa a insisté sur la nécessité de redéfinir la notion de violence politique à l’aune des pratiques autoritaires actuelles : poursuites judiciaires, incarcérations, exclusion de la vie publique, interdiction d’accès aux espaces publics. « L’autoritarisme ne protège personne », a-t-elle affirmé, rappelant qu’elle a été condamnée à 18 ans de prison dans l’affaire de complot et poursuivie par la justice militaire pour une simple déclaration à la radio. Elle a souligné que la violence dirigée contre les femmes est structurelle et ne peut cesser qu’avec la fin du système qui la produit.

La rencontre a aussi donné la parole aux proches de détenus politiques, dont Mehdi Dahmani, frère de l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, poursuivie dans cinq dossiers relevant du décret 54, et Noura Mraihi, épouse de Lotfi Mraihi, elle-même confrontée à de multiples procédures visant son mari, ancien candidat à la présidentielle.

M.B.Z

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