Le président de la République, Kaïs Saïed, a convoqué dans l’après-midi du 25 novembre 2025, au palais de Carthage, Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie. Selon un communiqué officiel de la présidence, cette convocation s’est déroulée afin de lui signifier une protestation ferme face à ce que le chef de l’État considère comme un non-respect des règles du travail diplomatique.
La présidence reproche à l’ambassadeur de l’UE d’avoir agi « en dehors des cadres officiels » habituellement observés dans les usages diplomatiques et des pratiques reconnues entre l’État tunisien et les représentants étrangers accrédités. Le communiqué rappelle que Giuseppe Perrone est « ambassadeur plénipotentiaire auprès de l’État tunisien et de ses institutions officielles », et qu’il doit, à ce titre, se conformer strictement aux normes diplomatiques en vigueur.
Cette réaction intervient au lendemain de la rencontre, le 24 novembre 2025, entre Giuseppe Perrone et le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi. Aucune précision n’a été fournie par la présidence quant au contenu de cette entrevue, mais celle-ci semble être à l’origine de la mise au point adressée à l’ambassadeur européen.
Par ailleurs, l’ambassadeur de l’Union européenne avait également rencontré, le 20 novembre 2025, Samir Majoul, président de l’Utica, pour évoquer les moyens de renforcement du dialogue structuré entre l’organisation patronale et les institutions européennes.
Cette convocation s’inscrit dans un contexte où les relations entre la Tunisie et certains partenaires internationaux connaissent régulièrement des tensions autour des questions de souveraineté, d’ingérence perçue et de respect des protocoles diplomatiques.
S.F












5 commentaires
zaghouan2040
Qui vive fébrile qui en dit long
Rationnel
L’ambassadeur fait son travail. La convention de Vienne, article 3, définit la fonction d’une mission diplomatique comme consistant notamment à « s’informer par tous les moyens licites des conditions et de l’évolution des événements dans l’État accréditaire » et à faire rapport à son propre gouvernement. Pour faire un rapport précis et informé sur la stabilité ou la politique d’un pays, un ambassadeur ne peut pas parler uniquement au gouvernement ; il doit entendre l’opposition, la société civile et les citoyens ordinaires. Qu va faire KS si l’ambassaddeur persiste malgre l’avertissment? Comment savoir ce qui se passe en Tunisie sans parler l’UGTT ou les patrons d »industrie.
HatemC
Le pouvoir tunisien veut contrôler toutes les interfaces
Kaïs Saïed accuse l’ambassadeur de l’UE de violer les règles diplomatiques… pour une simple rencontre avec l’UGTT.
La vérité ? Aucune norme internationale n’a été violée. Zéro. Rien.
Ce qui dérange Saïed, ce n’est pas la diplomatie.
C’est que quelqu’un parle à la Tunisie en dehors de son couloir contrôlé.
Dans sa logique, rencontrer un syndicat, un patron ou même un pigeon dans la rue devient une « ingérence ».
Le message réel est brutal de la part de la présidence :
« Ne parlez à personne sans m’en demander la permission. »
C’est de la paranoïa institutionnelle, un réflexe de régime qui craint le dialogue, la transparence et tout ce qu’il ne maîtrise pas.
Faut inviter le locataire de Carthage à lire voir Relire … » la Convention de Vienne de 1961 » …. HC
Gg
Le Président a tout lieu de s’étonner d’une rencontre de l’ambassadeur européen avec un dirigeant de syndicat tunisien.
Il est en droit de se demander de quoi ils ont parlé, sans la présidence eût auparavant été prévenue!
Hannibal
« Les normes diplomatiques en vigueur » exigent qu’on ne rencontre personne sans demander la permission du patron. Même pas son boulanger parce qu’il peut très bien être un opposant ou juste quelqu’un qui pense différemment.
La moindre des choses c’était de ne pas ébruiter cette convocation. Quelle honte!