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Mohamed Abbou alerte sur l’état de santé de Jaouhar Ben Mbarek

Par Myriam Ben Zineb

L’ancien ministre et avocat Mohamed Abbou a livré un témoignage d’une rare gravité après avoir rendu visite au détenu politique Jaouhar Ben Mbarek. Son récit, publié, mardi 25 novembre 2025, sur les réseaux sociaux, confirme l’extrême fragilité du militant, en grève de la faim depuis vingt jours, et dénonce un pouvoir « indifférent aux risques et aux conséquences ».

Un état physique alarmant décrit par Mohamed Abbou

Selon l’avocat, le visage de Jaouhar Ben Mbarek était « pâle » et profondément marqué. Il parlait difficilement et souffrait de multiples douleurs. Mohamed Abbou affirme avoir tenté de le convaincre d’arrêter sa grève, l’avertissant qu’il mettait sa vie en danger. « Ce régime n’a ni raison ni conscience », écrit-il, convaincu que les autorités ne réagiront pas même si la situation vire au drame.

Dalila Ben Mbarek Msaddek, avocate et sœur du détenu, confirme cette dégradation. Elle évoquait un état « de plus en plus alarmant », marqué par des transferts urgents à l’hôpital, des symptômes sévères et un début de rhabdomyolyse lié à une déshydratation extrême.

Hospitalisations répétées et allégations de violences

Au cours des derniers jours, Jaouhar Ben Mbarek a été transféré à plusieurs reprises à l’hôpital universitaire de Nabeul. Des analyses ont mis en évidence une substance toxique au niveau des reins signe d’un début de rhabdomyolyse due à une déshydratation sévère. Les avocats dénoncent également des agressions physiques à la prison de Belli, confirmées, selon eux, par des examens médicaux attestant de contusions. Une enquête judiciaire et une enquête administrative ont été ouvertes.

Malgré ces alertes, Jaouhar Ben Mbarek refuse toujours de mettre un terme à sa grève, concédant uniquement de boire au moins un litre d’eau par jour.

Des grèves de la faim qui s’enchaînent dans l’affaire de complot

Le cas de Jaouhar Ben Mbarek s’inscrit dans un mouvement collectif. Plusieurs détenus politiques protestent contre leurs conditions de détention et les procédures judiciaires les visant.

Le 17 novembre, depuis sa cellule, Jaouhar Ben Mbarek avait appelé ses compagnons de lutte — Issam Chebbi, Abdelhamid Jelassi et Ridha Belhaj — à suspendre leurs jeûnes protestataires afin de « préserver leurs forces », saluant en eux des « résistants à l’injustice et à la tyrannie ».

Ridha Belhaj annonce la fin de sa grève mais poursuit son engagement

Le 19 novembre, l’avocat et activiste politique Ridha Belhaj, détenu à la prison de Siliana, a annoncé la fin de sa grève de la faim. Dans une lettre rendue publique par son comité de défense, il précise que cette décision n’est « ni un signe de faiblesse ni un recul », mais la volonté de préserver ses forces : « J’ai mis fin à ma grève de la faim, mais je n’ai pas levé ma volonté ni mon engagement. Notre lutte contre l’injustice continue ».

Issam Chebbi suspend à son tour sa grève

Après deux semaines de grève de la faim, Issam Chebbi a également annoncé, le 19 novembre, la suspension de son jeûne. Depuis sa cellule, il explique que son action a, en partie, atteint ses objectifs : attirer l’attention sur « les graves injustices » subies, selon lui, par des responsables politiques, des acteurs de la société civile, des journalistes et des défenseurs des droits humains.

Il affirme percevoir désormais « les prémices d’un sursaut sociétal prometteur », jugeant que les conditions étaient réunies pour suspendre la grève — sans renoncer au combat.

Une version officielle qui dément toute grève

Le Comité général des prisons continue de démentir l’existence même des grèves, assurant que les détenus bénéficient d’un suivi médical constant.

Lors de la plénière consacrée au budget de la Justice le 15 novembre, la ministre Leïla Jaffel a qualifié ces accusations de « campagne infondée ». Selon elle, les détenus se nourrissent toujours, parfois « moitié moitié », et les critiques formulées relèvent d’une volonté de « nuire au pays ».

Un post qui accuse frontalement le système

Dans son message, Mohamed Abbou dénonce un appareil de pouvoir qui s’appuie sur « une nouvelle structure de corruption » et utilise les corrompus pour « briser » les opposants. Il affirme qu’une partie croissante des Tunisiens ouvre désormais les yeux sur la « catastrophe » que représente la situation actuelle.

Il interpelle directement les responsables : « Si un malheur arrive à Jaouhar, ce n’est pas vous qui le pleurerez… Mais est-ce que ce pays a une quelconque valeur à vos yeux ?»

Un procès sous tension permanente

L’audience en appel, exceptionnellement ouverte à la presse et aux représentants diplomatiques, a été reportée au 27 novembre 2025. Les accusés ont refusé de comparaître à distance, tandis que la défense avait insisté pour faire consigner l’état d’hospitalisation de Jaouhar Ben Mbarek.

Une demande de récusation du président de la cour a été déposée, alors que les avocats continuent de dénoncer un procès à distance jugé incompatible avec les garanties d’un procès équitable.

M.B.Z

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2 commentaires

  1. EL OUAFI

    26 novembre 2025 | 22h05

    Mr Abbou votre intervention est inopportune vous venez aux secours de ceux qui coopèrent avec les comploteurs d’après le verdict du jugement ! Aviez-vous respect pour les institutions du pays ?
    Pourtant vous êtes un homme de loi !
    Que pense de vous les tunisiens, on a cru en vous !
    Malheureusement le vrai visage nous ai apparu en lambeau ! Catastrophique !

    • Citoyen_H

      26 novembre 2025 | 22h34

      NE PERDEZ PAS VOTRE TEMPS AVEC DES PERSONNAGES QUI N’ONT AUCUN PRINCIPE !

      Les Abbou & Abbou, représentent l’archétype parfait, des parvenus opportunistes post-2011.
      Mohamed Abbou fait office de girouette high tech, sans doute la plus sophistiquée existant sous nos cieux.
      Elle indique la direction du vent, avant même que le vent prenne le sens indiqué par la girouette !
      C’est incroyable et c’est du jamais vu.
      Il n’y en a pas un, pour rattraper l’autre.