Mehdi Mahjoub, membre du bureau exécutif de la Chambre syndicale des concessionnaires automobiles et constructeurs automobiles, a apporté un éclairage sur l’initiative législative récemment validée par la commission des finances du Parlement, visant à instaurer un régime dérogatoire pour les Tunisiens résidant à l’étranger. Cette mesure, adoptée dans la soirée du mardi 25 novembre 2025, permet — de manière non renouvelable — d’importer un véhicule ou d’en acquérir un sur le marché local au tarif d’origine.
Interrogé dans l’émission Midi Express sur Express FM, animée par Myriam Belkadhi, M. Mahjoub a exprimé le point de vue de la Chambre syndicale des concessionnaires automobiles et abordé les principaux enjeux liés à cette mesure.
Une mesure perçue comme nécessaire mais complexe
M. Mahjoub a souligné que « personne ne peut être contre la réduction des prix des véhicules » et que « cette initiative met en lumière l’importance de la voiture dans la vie quotidienne du Tunisien et sa liberté de déplacement ». Il a rappelé que le projet législatif cherche à accorder aux Tunisiens vivant dans le pays des privilèges comparables à ceux dont bénéficient les Tunisiens établis à l’étranger, ce qui soulève des questions d’équité et de mise en œuvre.
Il a précisé que des interrogations subsistent quant à la fixation des prix des véhicules importés : « Si une voiture a sept ans et que son prix est fixé à mille ou 2.000 dollars, qui déterminera ce montant ? Et comment se fera le transfert de fonds ? Il faudra une autorisation de la Banque centrale ».
Les limites pratiques et logistiques
M. Mahjoub a souligné que, dans la pratique, les concessionnaires ne peuvent importer des véhicules que depuis les fabricants eux-mêmes, rendant impossible l’achat de véhicules d’occasion à l’étranger ou auprès d’autres agents. Il a insisté sur la nécessité de sécuriser le prix afin d’éviter toute manipulation, et sur le fait que les solutions relèvent principalement des ministères du Commerce et des Finances.
Concernant le nombre de véhicules concernés, il a indiqué que la majorité des Tunisiens auraient droit à l’achat d’un véhicule, dans la limite fixée par la loi, qui prévoit de gérer l’importation en fonction des besoins réels.
Une réflexion sur la durabilité et la sécurité
Outre les questions économiques, M. Mahjoub a abordé les aspects environnementaux et sécuritaires : « Les véhicules de sept ans nécessitent beaucoup de pièces détachées et leur technologie n’est pas toujours conforme aux standards actuels. Il faut privilégier des véhicules neufs pour assurer la sécurité et faciliter l’entretien ».
Il a rappelé que la promotion des voitures électriques et des véhicules à énergie renouvelable s’inscrit dans la stratégie nationale pour réduire la pollution et moderniser le parc automobile. « Les voitures neuves permettent de garantir la disponibilité des pièces de rechange et répondent aux normes de sécurité et de confort actuelles », a-t-il expliqué.
En conclusion, Mehdi Mahjoub estime que la mesure est positive mais que sa réussite dépendra de la clarté des procédures, de la régulation des prix et de la coordination entre les autorités publiques et les concessionnaires.
I.N.












