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Exécution du budget à fin septembre 2025 : un excédent dopé aux dépenses impayées

Par Imen Nouira

Le ministère des Finances vient de publier les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’État à fin septembre 2025. Ces chiffres font état d’un excédent budgétaire de 0,65 milliard de dinars contre un déficit budgétaire de 1,07 milliard de dinars un an auparavant, très loin du déficit de 10,15 milliards de dinars (5,5 % du PIB) attendu pour l’ensemble de l’année 2025, selon la Loi de finances 2025 (LF 2025).

Recettes en hausse, dépenses sous-exécutées

Selon les données communiquées, les recettes de l’État ont augmenté de 6,9 % sur cette période, passant de 33,74 milliards de dinars à 36,06 milliards de dinars, dont 2,42 milliards de dinars de revenus non fiscaux (+13,6 %) et 33,44 milliards de dinars de revenus fiscaux (+7,6 %) (14,67 milliards de dinars d’impôts directs (+9,8 %) et 18,77 milliards de dinars d’impôts indirects (+5,9 %)). Au cours de cette période, l’État a reçu 0,2 milliard de dinars de dons.

Les dépenses se sont accrues de 2,7 %, atteignant 35,20 milliards de dinars contre 34,28 milliards de dinars un an auparavant, mais elles ne reflètent toujours pas la situation économique du pays, car plusieurs créanciers de l’État ne sont pas encore payés.

Compensation en retard et pression sur la dette

Ainsi, sur les 11,59 milliards de dinars de compensation prévus dans la loi de finances 2025, seulement 4,83 milliards de dinars ont été dépensés (même pas la moitié du budget alors que neuf mois sur douze sont passés) : 696,2 millions de dinars pour les produits de base (sur les 3,8 milliards de dinars prévus dans la LF 2025), 3,53 milliards de dinars pour les carburants (sur les 7,09 milliards de dinars prévus dans la LF 2025) et 601,3 millions de dinars pour le transport (sur les 0,68 milliard de dinars prévus dans la LF 2025). 73,1 % du montant de la compensation dépensé a été consacré aux carburants, 14,4 % aux produits de base et 12,5 % au transport. Comme d’habitude, l’État s’est payé avant ses autres prestataires. À titre d’exemple, les bénéficiaires de la compensation n’avaient pas été payés depuis plusieurs mois (entre 12 et 17 mois d’impayés), pour un montant dépassant le milliard de dinars jusqu’à fin décembre 2024.

La plus grosse rubrique des dépenses demeure la masse salariale, avec 17,42 milliards de dinars dédiés (soit près de la moitié des ressources collectées sur cette période), en hausse de 5 %. Les dépenses d’intervention s’élèvent à 9,18 milliards de dinars (+10,8 %). Puis, les charges de financement relatives aux intérêts de la dette sont en baisse, passant de 4,87 milliards de dinars fin septembre 2024 à 4,67 milliards de dinars fin septembre 2025, dont 3,22 milliards de dinars relatifs à la dette intérieure et 1,45 milliard de dinars relatifs à la dette extérieure. Le principal de la dette s’est établi à 14,86 milliards de dinars (+28,8 %), dont 7,58 milliards de dinars pour la dette intérieure (+68 %) et 7,28 milliards de dinars pour la dette extérieure (+3,6 %).

Ainsi, et jusqu’à fin septembre, le taux de réalisation est de 72,08 % pour la collecte de recettes et de seulement 58,83 % pour les dépenses.

Dette publique : un encours en forte progression

Notons que l’encours de la dette publique atteint 136,62 milliards de dinars fin septembre 2025, contre 129,50 milliards de dinars un an auparavant, avec 80,51 milliards de dinars de dettes intérieures (représentant 58,9 % de l’ensemble de la dette) et 56,11 milliards de dinars de dettes extérieures (représentant 41,1 % de l’ensemble de la dette).

I.N.

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