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Sonia Dahmani libérée : le SNJT salue une victoire et réclame la libération des autres journalistes

Par Imen Nouira

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) s’est félicité, jeudi 27 novembre 2025, de la remise en liberté conditionnelle de l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, détenue depuis un an et demi. Une décision qui intervient à la suite d’une demande de libération conditionnelle formulée par son comité de défense, selon un communiqué rendu public par le syndicat.

Une détention jugée “injuste” et un appel à libérer les autres journalistes

Dans son communiqué, le SNJT souligne que Sonia Dahmani a été « emprisonnée injustement » pendant une année et demie et qu’elle faisait face à cinq poursuites, dont quatre fondées sur le décret 54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication. Le syndicat considère ce texte comme un instrument utilisé pour restreindre la liberté de la presse et la liberté d’expression.

Le SNJT félicite l’avocate, sa famille ainsi que l’ensemble de ses collègues, tout en martelant que son « lieu naturel » n’a jamais été derrière les barreaux. « L’origine est la liberté, l’exception est l’emprisonnement », insiste le communiqué, rappelant que dans tout système procédural respectueux des droits fondamentaux, la privation de liberté ne doit être appliquée que dans des cas extrêmes et strictement encadrés.

Le syndicat réitère également son appel à la libération immédiate de plusieurs autres professionnels des médias : la journaliste Chadha Haj Mbarek, le chroniqueur Mourad Zeghidi et l’animateur Borhen Bssais, tous poursuivis ou incarcérés dans le cadre d’affaires liées à leurs activités journalistiques.

Le SNJT dénonce l’usage du décret 54 mais aussi d’autres législations jugées répressives, telles que le Code des télécommunications ou encore le Code pénal mentionnés dans le communiqué, lesquelles permettraient de poursuivre arbitrairement les journalistes.

Alerte sur la liberté de la presse et climat de tension

Le syndicat met également en garde contre la « gravité » de l’emprisonnement de journalistes pour des faits liés à l’exercice de leur profession. Il estime que ces pratiques constituent une « atteinte flagrante » à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et, plus largement, au droit constitutionnel du citoyen à accéder à l’information.

Pour le SNJT, les tentatives d’« étouffer les voix libres » ne feront que renforcer la détermination du secteur médiatique à défendre sa mission, à savoir informer, révéler les faits et assumer son rôle de contre-pouvoir indispensable à toute vie démocratique.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les journalistes tunisiens et les autorités, nourries par l’application accrue du décret 54 depuis plusieurs mois. Plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains ont déjà exprimé leur inquiétude quant au recul des libertés publiques en Tunisie, particulièrement concernant la liberté de la presse.

Le cas de Sonia Dahmani, très médiatisé, a alimenté le débat public autour de l’usage controversé des textes juridiques permettant de poursuivre les journalistes, juristes, commentateurs ou internautes pour des propos ou des analyses diffusés sur les réseaux sociaux ou dans les médias.

Vers une désescalade ?

La remise en liberté conditionnelle de Sonia Dahmani constitue un développement important, mais le SNJT rappelle qu’elle reste insuffisante tant que d’autres journalistes restent derrière les barreaux. Le syndicat appelle ainsi à mettre fin aux poursuites judiciaires visant les professionnels des médias et à réviser ou abroger les législations utilisées pour restreindre la liberté d’expression.

En concluant son communiqué, le SNJT affirme que les tentatives d’intimidation « ne feront que redoubler l’engagement » des acteurs du secteur à défendre la vérité et à résister à toute forme de pression.

La ministre de la Justice a signé, jeudi 27 novembre 2025, une décision accordant la libération conditionnelle à l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani. Selon une source informée citée par l’agence de presse TAP, l’arrêté pris aujourd’hui même autorisait sa remise en liberté immédiate.

Poursuivie notamment pour avoir dénoncé les conditions carcérales ou le racisme en Tunisie, l’avocate cumulait déjà cinquante mois de prison ferme à la suite de précédentes condamnations liées à ses prises de parole publiques, et restait détenue depuis 18 mois. Ses défenseurs estimaient que ces procédures visaient à sanctionner sa liberté d’expression et à prolonger sa détention par des renvois successifs.

I.N.

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