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Kaïs Saïed fustige l’UE : à tout défi, nous opposerons un défi

Par Nadya Jennene

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, jeudi 27 novembre 2025, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, d’après un communiqué publié à 5h19 du matin.

Le locataire de Carthage a prononcé, à l’occasion, un discours notant qu’il s’agit d’un message que le ministre des Affaires étrangères se doit de transmettre à une partie qu’il n’a pas identifiée clairement, laissant entendre, toutefois, qu’il s’agit de l’Union européenne. 

Jeudi, le Parlement européen a adopté une résolution au ton particulièrement ferme sur l’état de droit en Tunisie, avec un focus central : l’affaire de l’avocate et journaliste Sonia Dahmani, détenue depuis mai 2024 et devenue l’un des symboles de la répression actuelle dans le pays. Le texte concernant la Tunisie a été approuvé par 464 voix contre 58 et 75 abstentions, signe d’un large consensus sur la gravité de la situation.

« Nous sommes un État indépendant et souverain, et jamais nous n’accepterons qu’une tierce partie s’ingère dans nos affaires », a d’abord rappelé le président de la République. « En Tunisie, la souveraineté appartient au peuple. Ceux qui sont nostalgiques du passé — et sur ce passé, nous aurions beaucoup à dire — et ceux qui s’imaginent avoir quelque tutelle sur nous, qui organisent des réunions selon leurs agendas et leurs manœuvres, se bercent d’illusions et se trompent d’adresse. »

« La seule véritable adresse, c’est la Tunisie libre et indépendante, pour l’éternité, en dépit des manigances des intrigants et des contre-vérités colportées par les menteurs », a-t-il ajouté avant de souligner : « Aujourd’hui, c’est l’heure de vérité. Ils ont minutieusement choisi le moment pour apparaître en donneurs de leçons. Ils distribuent des notes selon leurs habitudes, délivrent des certificats de mérite ou des réprimandes. »

« Que ceux qui préfèrent patauger dans les marécages de la trahison et de la servitude aillent les rejoindre. À ceux-là, artisans de complots ourdis dans l’ombre, seront attribués certificats de satisfaction, marques de reconnaissance et prix en tous genres. Ils seront abreuvés d’argent, des millions et des millions », a-t-il toutefois signalé tout en dénonçant : « Ils ont cru l’occasion propice et ont nourri l’illusion d’être maîtres du jeu. Qu’ils se réveillent ! La Tunisie n’est ni une ferme ni une terre sans propriétaire. Rappelez-vous comment, jadis, ils divisaient les peuples entre ‘civilisés’ et ‘sauvages’. Qu’ils s’éveillent de ces fantasmes, de ces mensonges et de ce mépris envers des peuples qui ne reconnaissent que l’indépendance », 

Faisant référence à sa réunion avec Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, mardi 25 novembre 2025, le chef de l’État a évoqué :  « Il y a deux jours, une première protestation leur a été adressée, et aujourd’hui vous êtes chargés d’en notifier une nouvelle, visant l’une des représentantes d’un État étranger. Une protestation contre ceux qui foulent aux pieds les usages diplomatiques.»

« Ils doivent comprendre que nous ne l’accepterons pas et qu’ils auront à assumer leurs responsabilités. Nos positions, nous les exprimons publiquement (…) Notre souveraineté n’est pas négociable et ne le sera jamais », a-t-il averti notant : « À tout défi, nous opposerons un défi. Et nous n’accepterons rien d’autre que la victoire. »

« Nous étions informés de la séance du Parlement européen et de son ordre du jour. Il s’agit d’une ingérence manifeste dans nos affaires », a précisé Kaïs Saïed assurant : « S’ils veulent recevoir des leçons en matière de droits humains, nous sommes disposés à leur en donner. Ils doivent se défaire de cette idée séculaire selon laquelle ils seraient les seuls maîtres à distribuer les enseignements. Qu’ils examinent notre histoire, notre volonté et nos positions ; peut-être auront-ils quelque chose à apprendre. Qu’ils sachent que nos décisions sont tunisiennes, entièrement tunisiennes. » 

Revenant sur la libération conditionnelle de l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani sur ordre de la ministre de la Justice, Leila Jaffel, le président de la République a affirmé : « Cette décision avait été arrêtée depuis un certain temps ; mais la décision judiciaire n’a été rendue qu’aujourd’hui. »

« S’ils veulent nous défier, nous répondrons sur le même ton », a-t-il menacé à nouveau.

« Quant à ceux qui rêvent de s’ériger en faux héros en Tunisie, qu’ils demeurent dans leurs illusions », a-t-il déclaré avant de conclure avec des vers du poète palestinien Abderrahim Mahmoud Haouel : « L’âme du noble poursuit deux horizons : S’avancer vers la mort et conquérir ses souhaits. »

N.J

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2 commentaires

  1. direction

    28 novembre 2025 | 17h18

    « La Tunisie pays souverain » serte mais en attendant, Sonia DAHMANI injustement condamné à été libérée sur ordre de l’Europe…no coment..

  2. HatemC

    28 novembre 2025 | 12h03

    Le discours de Kaïs Saïed relève d’une stratégie paranoïaque, nationaliste et défensive destinée à masquer les dérives du régime.

    Ingérence ou simple résolution ?

    Il faut être très clair :
    La résolution du Parlement européen n’est pas une ingérence dans la souveraineté de la Tunisie.

    C’est un texte adressé aux institutions européennes et aux États membres de l’UE, pas au gouvernement tunisien.

    C’est exactement ce qui a été fait avec la Russie, l’Inde, la Chine, l’Égypte, le Maroc, Israël, ou même les États-Unis.
    C’est un outil normal de diplomatie européenne.

    FAUDRAIT PEUT ETRE RAPPELER A CE LOCATAIRE DE CARTHAGE QUE La Tunisie bénéficie :
    – d’un statut de partenaire privilégié avec l’UE,
    – de millions d’euros d’aide,
    – d’un accès préférentiel au marché européen,
    – et de multiples accords de coopération.

    Ces accords reposent sur des critères :
    – État de droit
    – Liberté d’expression
    – Indépendance de la justice
    – Protection des opposants
    – Liberté de la presse

    Or aujourd’hui :
    – Journalistes emprisonnés
    – Opposants arrêtés
    – Magistrature contrôlée
    – Procès politiques
    – Lois d’exception
    – Arrestations arbitraires
    – Harcèlement des ONG
    L’UE réagit donc à la rupture flagrante de ces engagements.
    C’est une conséquence logique, pas une agression.

    EN DEFINITIVE C’EST UN DISCOURS DE CHEF PARANOIAQUE QUI ISOLE LA TUNISIE

    Ce discours n’est pas celui d’un président sûr de lui.
    C’est celui d’un homme obsédé par les complots, déconnecté du monde réel, et qui transforme chaque critique en attaque contre la Nation.

    L’UE n’a pas “attaqué” la Tunisie.
    ELLE A SIMPLEMENT DECRIT LA REALITE ….UN PAYS QUI N’EST PLUS UNE DEMOCRATIE ….. HC