Lors de la séance consacrée à l’examen du projet de loi de finances 2026, le député Mohamed Ali (Bloc de la Ligne nationale souveraine) a livré, vendredi 28 novembre 2025, une intervention au vitriol. En quatre minutes, il a dynamité la communication officielle autour d’un budget présenté comme « social et équitable », le décrivant au contraire comme un texte qui « fait payer la note aux classes moyennes et aux pauvres » et qui reflète « une crise politique profonde ».
Un budget qui écrase les classes moyennes et les pauvres
Dès les premières secondes, le député a dénoncé un projet de loi « vendu comme équitable », mais qui continuerait à frapper les catégories modestes par des hausses indirectes et un coût de la vie en constante progression.
Il accuse le gouvernement d’épargner systématiquement « ceux qui détiennent la richesse et le pouvoir », tout en laissant les inégalités s’aggraver. Selon lui, les priorités budgétaires sont « détraquées » : lorsque les budgets de la sécurité, de la défense et de la présidence augmentent chaque année, ceux de l’éducation, de la santé, du logement ou encore de la culture rétrécissent. « L’être humain est devenu la dernière préoccupation de cette République », a-t-il tranché.
Une Tunisie où les voix s’éteignent
Mohamed Ali affirme que ce budget n’est que la partie visible d’une dérive plus grave : la dégradation de la vie publique.
Il évoque une Tunisie où « les voix s’éteignent, la vérité se déforme, les compétences et les jeunes sont marginalisés » et où les « corps intermédiaires sont ciblés ».
Le député dresse un tableau sombre : des prisons qui se remplissent de journalistes, blogueurs, syndicalistes, militants, jeunes protestataires ; un décret 54 utilisé « non pas pour lutter contre les fake news, mais pour transformer un désaccord politique en affaire pénale ». Pire encore : il dénonce une « politique pénitentiaire » assumée, dans un pays qui « se vante de construire de nouvelles prisons ». « Comment peut-on parler de justice sociale dans un État qui enferme ses propres enfants pour avoir parlé ? », s’est-il exclamé.
Particulièrement incisif, Mohamed Ali a reproché au gouvernement son « mépris » pour le secteur médiatique, pourtant central dans les démocraties modernes et clé de toute souveraineté. Aucune vision, aucun soutien, aucune réforme : les journalistes sont arrêtés, les institutions médiatiques « suffoquent », et la pluralité s’érode. « Un pays qui marginalise ses journalistes marginalise sa propre mémoire », a lancé le député, avant d’ajouter : « Celui qui oublie les journalistes, l’Histoire l’oubliera. »
L’État de slogans face à la réalité des citoyens
Dans la dernière partie de son intervention, le député a égrainé la longue liste de ceux qu’il estime « totalement absents » de ce projet de loi :
les pauvres face à l’inflation, les marginalisés loin des circuits politiques, les chômeurs désabusés, les citoyens menacés par la soif ou la maladie, les retraités « humiliés par des pensions qui ne protègent plus la dignité », les petits agriculteurs confrontés à la sécheresse et au marché sans soutien. Selon lui, « l’État ne se souvient d’eux que lorsqu’il a besoin de leurs voix ».
Mohamed Ali conclut sans ambiguïté : son bloc votera contre un texte qu’il accuse d’être « un budget qui se pare de slogans sociaux tout en pratiquant, de sang-froid, un libéralisme sauvage ».
Il assure soutenir toute législation réellement au service du peuple, mais refuse « les lois d’un État qui n’est ni social, ni juste — seulement un État de slogans, alors qu’au sol il ne reste que la pauvreté, la marginalisation et la maladie ».
S.H











Commentaire
zaghouan2040
Ce député a levé le voile sur l’imposture du pouvoir redonné au peuple et de la prise en compte véritable de ses aspirations