La séance plénière consacrée, jeudi 4 décembre 2025, à l’examen du projet de Loi de finances 2026 a été marquée par une intervention particulièrement virulente de la députée Manel Bdida. S’exprimant en point d’ordre, l’élue a adressé un avertissement direct au président de la République, dénonçant ce qu’elle considère comme un danger majeur menaçant l’État à travers la version actuelle du texte budgétaire.
Dès le début de son intervention, Manel Bdida a demandé que ses propos soient transmis au chef de l’État. « J’ai prêté serment sur le Coran et je ne peux pas ne pas alerter sur un danger que j’ai vu de mes propres yeux », a-t-elle lancé, évoquant le « chaos inédit » contenu, selon elle, dans cette loi de finances.
« Du jamais vu depuis l’indépendance »
Se présentant comme spécialiste de la fiscalité et des finances publiques, Manel Bdida a affirmé que le niveau de confusion, de « remplissage » et de désordre dans ce projet budgétaire n’avait aucun précédent. « Même durant la période que vous considérez comme noire, ce qui se passe aujourd’hui est encore plus sombre », a-t-elle insisté.
L’élue a estimé que les articles additionnels introduits au cours de l’examen parlementaire ont lourdement grevé les finances de l’État tout en le privant de ressources, compromettant ainsi la capacité du gouvernement à tenir ses engagements.
« Une loi utilisée comme pot-de-vin électoral »
Selon Manel Bdida, l’un des risques les plus graves réside dans une instrumentalisation du budget à des fins politiques. « Utiliser les ressources de l’État comme pot-de-vin électoral est dangereux. Celui qui veut faire campagne n’a qu’à utiliser ses propres moyens », a-t-elle affirmé, accusant implicitement l’exécutif de préparer une campagne sous couvert de mesures budgétaires.
Elle a mis en garde contre les attentes irréalistes créées par des promesses qui n’auront, selon elle, aucune chance d’être tenues : « Les gens à qui vous avez donné de fausses joies… demain, ils ne se contenteront pas de fermer les routes ou les ministères. Nous risquons de nous retrouver dans une deuxième révolution ».
Une tentative de discréditer le Parlement ?
La députée a également accusé les auteurs de ces ajouts d’avoir cherché à affaiblir l’Assemblée des représentants du peuple, qu’elle décrit comme constituée de « députés intègres et patriotes ». En faisant voter des dispositions impossibles à appliquer, a-t-elle expliqué, certains espéreraient voir l’opinion publique retirer sa confiance aux élus lorsque ces mesures ne seront pas exécutées.
Et même un coup porté au président ?
Dernier point soulevé par Manel Bdida : selon elle, les articles additionnels visent aussi à porter atteinte au président de la République. « Mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’intérêt de l’État », a-t-elle conclu, exhortant à la responsabilité et à la rigueur dans la gestion des finances publiques.
Son intervention, l’une des plus virulentes depuis le début du débat budgétaire, a suscité de vives réactions dans l’hémicycle, plusieurs députés ont quitté la salle alors qu’elle était en plein discours.
M.B.Z











2 commentaires
Nahor Guëttam
« Le bon jour se voit du matin »… Discours très intriguant mêlant plusieurs bonnes inspirations avec une naïveté très rare dans la sphère réprésentative. Franchise, élan.
Cette députée est clairvoyante : elle pressent la chute inéxorable du gouvernement et le chaos sociopolitique qui s’installera progressivement dans le Pays et -assez probablement- un sursaut patriotique dans l’Armée nationale pour préserver l’intégrité de la nation.
N.G.M. – activiste indépendant pour les Droits humains en Tunisie
HatemC
C’est qui cette poule ???? Elle ferait mieux de se désolidariser de ce gouvernement devenu voyou et rapidement …l’Histoire finira par les juger ces laudateurs ‘pseudos députés ) du régime … HC