À l’approche de la séance plénière du 16 décembre 2025, au cours de laquelle le Parlement examinera la proposition de loi relative au recrutement exceptionnel des diplômés chômeurs de longue durée, le député Jalel Khodmi a apporté, vendredi 12 décembre 2025, de nouvelles précisions quant à la philosophie générale et aux modalités techniques de ce texte très attendu.
Intervenant dans l’émission Sbeh Ennes sur Jawhara FM, l’élu a indiqué que l’ensemble des députés se montraient particulièrement impatients d’ouvrir le débat, estimant que toutes les conditions politiques étaient réunies pour entériner rapidement l’adoption du projet.
Un recensement préalable pour établir une base fiable
Selon Jalel Khodmi, le dispositif proposé constitue une réponse structurelle à une problématique devenue chronique : la persistance d’un chômage massif parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, dont une proportion significative demeure sans emploi depuis plus d’une décennie.
Il a souligné qu’avant d’engager le programme de recrutement programmé sur trois ans, une étape préliminaire et déterminante consisterait à procéder à un recensement exhaustif des diplômés sans emploi à travers une plateforme numérique dédiée. Cette opération est indispensable en l’absence totale de statistiques consolidées permettant d’établir un état des lieux fiable du chômage qualifié en Tunisie.
Le député a précisé avoir saisi officiellement le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle afin d’obtenir les données actualisées relatives aux diplômés en situation de chômage de longue durée, mais n’avoir reçu aucune réponse à ce jour.
Des critères de priorité stricts et une coopération gouvernementale inexistante
Jalel Khodmi a expliqué que la proposition de loi établissait un ordre de priorité strict fondé sur des critères objectifs. Les premières catégories concernées seront les diplômés âgés de plus de quarante ans et inscrits au chômage depuis plus de dix ans. Ils seront suivis par les cas sociaux présentant des vulnérabilités particulières, puis par l’application d’un principe d’équité intrafamiliale permettant à un membre de chaque famille dépourvue de revenus stables d’être intégré au dispositif.
Pour être éligible, le demandeur ne doit être concerné par aucun mécanisme parallèle de régularisation ou d’intégration professionnelle déjà en vigueur, notamment les dispositifs de résorption concernant les enseignants suppléants ou les ouvriers de chantiers. Cette clause vise à éviter les cumuls de mesures et à garantir une allocation équitable des opportunités d’emploi public.
Interrogé sur une éventuelle coordination avec le gouvernement en vue d’intégrer ces diplômés sans concours au sein de la fonction publique, le député a répondu sans détour que les élus ne considéraient pas l’exécutif actuel comme « capable d’assurer quelque démarche que ce soit », laissant clairement entendre que l’initiative relève exclusivement du Parlement et qu’aucune coopération institutionnelle n’est actuellement envisagée.
Alors que les préparatifs de la séance plénière se poursuivent, ce texte suscite de fortes attentes mais également des interrogations quant à sa faisabilité budgétaire et administrative. Son adoption pourrait néanmoins constituer un tournant majeur dans la gestion du chômage qualifié en Tunisie et ouvrir la voie à un nouveau modèle d’intégration professionnelle fondé sur des critères de justice sociale et de réparation.
N.J











2 commentaires
Gg
Avec le niveau qu’ils sont censés avoir, on s’attend à voir des affiches « je crée mon entreprise », » j’ai créé mon job »…
Gg
« toutes les conditions politiques étaient réunies pour entériner rapidement l’adoption du projet »
Super!
Et les conditions économiques, ils en « parlent »?