La chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis a décidé vendredi 12 décembre 2025, le report de l’audience du président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que plusieurs dirigeants du mouvement, au 16 janvier 2026. Cette décision intervient alors que Rached Ghannouchi et un autre prévenu — en détention — ont refusé de comparaître.
D’autres prévenus comparaissant en état de liberté, ont eux déposé des demandes de report afin de mandater un avocat pour assurer leur défense.
Le leader d’Ennahda et autres cadres du mouvement devaient comparaître aujourd’hui devant le juge dans le cadre de l’ « affaire du cercle de discussion », connue sous le nom d’ « affaire El-Moussamara ».
Cette affaire avait conduit à l’arrestation de Rached Ghannouchi dans la nuit du 17 avril 2023, à la suite de ses déclarations sur le risque de guerre civile. Cet épisode s’inscrit dans une série de poursuites judiciaires visant plusieurs figures de l’opposition et est associé à l’accusation de « complot contre la sûreté de l’État ».
L’arrestation de Rached Ghannouchi est intervenue en plein mois de Ramadan, deux jours après le cercle de discussion organisé par le Front de salut national. Lors de cette rencontre, le chef d’Ennahdha avait mis en garde contre la dérive autoritaire du pouvoir et les conséquences d’une exclusion des forces politiques — notamment la gauche et les islamistes — qu’il jugeait dangereuse pour la paix civile.
Le parquet a retenu contre lui une déclaration dans laquelle il évoquait le risque d’une « guerre civile » si l’islam politique venait à être éliminé de la scène nationale. Les autorités ont considéré que ces propos constituaient une atteinte à la sûreté intérieure de l’État, en vertu de l’article 72 du Code pénal tunisien.
L’arrestation avait été suivie d’une perquisition à son domicile et de l’interpellation de plusieurs membres d’Ennahdha. Depuis, Rached Ghannouchi a été condamné dans plusieurs affaires distinctes et purge actuellement plusieurs peines de prison. Il cumule quarante ans d’incarcération et plusieurs amendes : Instalingo (22 ans), complot (quatorze ans), lobbying (trois ans) et « affaire du Taghout » (quinze mois).
N.J










